Lésion SLAP de l’épaule (bourrelet et long biceps) : diagnostic, rééducation et chirurgie

Dr Alexandre Kilinc | Chirurgien de l’épaule : lésion SLAP de l’épaule, bourrelet, long biceps, réparation arthroscopique et ténodèse | Paris 16e et Quincy-sous-Sénart

Lésion SLAP de l’épaule (bourrelet et long biceps) : diagnostic, rééducation et chirurgie
Une lésion SLAP est une atteinte de la partie supérieure du labrum, le bourrelet qui entoure la glène de l’épaule, au voisinage de l’attache du tendon du long biceps. Elle peut provoquer une douleur profonde, une gêne au lancer ou des sensations d’accrochage. Mais une anomalie décrite sur une IRM n’est pas toujours responsable des symptômes. La prise en charge commence généralement par un traitement non chirurgical.

L’essentiel en 30 secondes

  • C’est quoi. Une lésion de la partie supérieure du labrum, le bourrelet (labrum) qui entoure la glène, au voisinage de l’attache du tendon du long biceps.
  • Les signes. Douleur profonde, gêne au lancer ou au bras levé, sensations d’accrochage — aucun n’est spécifique : une tendinite du long biceps peut donner les mêmes symptômes.
  • L’IRM ne décide pas seule. Des images de lésion SLAP existent chez des personnes sans douleur : l’examen clinique doit concorder.
  • Rééducation d’abord. Le traitement commence le plus souvent sans chirurgie, avec un programme ciblé sur la coiffe et l’omoplate.
  • Si une chirurgie est retenue : réparation du labrum, ténodèse ou ténotomie du long biceps selon la lésion, l’âge et les objectifs sportifs.

Le choix entre rééducation, réparation du labrum et ténodèse du biceps dépend de la concordance clinique, du caractère traumatique ou dégénératif de la lésion, des autres atteintes de l’épaule et des objectifs du patient. Comprendre ces différences évite de confondre un compte rendu d’imagerie avec une indication opératoire.

Qu’est-ce qu’une lésion SLAP de l’épaule ?

SLAP est l’abréviation anglaise de Superior Labrum Anterior to Posterior. Le terme décrit une lésion du labrum supérieur qui s’étend autour de l’insertion du long biceps. Le labrum contribue à la stabilité de l’articulation. Une atteinte de cette région peut donc intéresser à la fois le bourrelet et le complexe d’attache du biceps. [1]

Toutes les lésions ne sont pas identiques. Un simple effilochage, un décollement de l’attache et une languette de labrum déplacée ont des significations différentes. La classification aide à décrire la lésion, mais elle ne décide pas seule du traitement. La douleur, le fonctionnement de l’épaule et le contexte sportif doivent rester au centre de la discussion. [10]

Une lésion SLAP n’est pas synonyme de rupture du tendon du biceps au coude. Elle se situe dans l’épaule. Elle diffère aussi d’une lésion de Bankart, qui concerne généralement le labrum antéro-inférieur après une luxation. Ces distinctions permettent de comprendre pourquoi les opérations proposées ne sont pas interchangeables.

Classification de Snyder étendue des lésions SLAP de l’épaule : types I à VII du labrum supérieur et du long biceps

Classification de Snyder étendue : les types I à VII décrivent l’atteinte du labrum supérieur (bourrelet) et de l’ancrage du long biceps.

La lésion SLAP vue en arthroscopie

L’arthroscopie permet de voir directement le labrum supérieur et l’ancrage du long biceps, et de confirmer le type de lésion. Voici deux exemples observés au cours d’arthroscopies de l’épaule.

Vue arthroscopique de l’épaule : lésion SLAP type II avec désinsertion du labrum supérieur

Lésion SLAP de type II : désinsertion du labrum supérieur (bourrelet) à l’ancrage du long biceps.

Vue arthroscopique de l’épaule : lésion SLAP type IV avec désinsertion du labrum et clivage du long biceps

Lésion SLAP de type IV : désinsertion du labrum supérieur étendue au tendon du long biceps, qui est clivé.

Comment apparaît une lésion du labrum supérieur ?

Un traumatisme peut être en cause : chute, traction brusque du bras, effort pour retenir un objet ou épisode de luxation. Les gestes répétés au-dessus de la tête peuvent également solliciter cette région. Chez un sportif de lancer, l’histoire des symptômes et les changements de performance sont particulièrement importants. [1,4]

Chez l’adulte d’âge moyen, le labrum peut présenter des modifications liées au vieillissement. Une étude réalisée chez des personnes de 45 à 60 ans sans douleur a retrouvé de nombreuses images interprétées comme des lésions du labrum supérieur. Ce résultat rappelle qu’une image peut exister dans une épaule parfaitement fonctionnelle. [2]

Il faut donc préciser si les symptômes ont commencé après un accident, progressivement lors du sport, ou dans le cadre d’une autre douleur d’épaule. La même description radiologique n’a pas forcément la même portée dans ces trois situations.

Quels symptômes peuvent orienter le diagnostic ?

La douleur peut être profonde, parfois située à l’avant de l’épaule. Certains patients décrivent un claquement, un accrochage ou une baisse de confiance dans les mouvements rapides. Le lancer, le service au tennis ou certains exercices de musculation peuvent devenir difficiles. Aucun de ces symptômes n’est toutefois propre à une lésion SLAP. [1,4]

Une tendinopathie de la coiffe, une tendinite du long biceps, une instabilité ou une atteinte acromio-claviculaire peuvent produire des sensations proches. Un craquement indolore isolé ne suffit pas à conclure à une lésion nécessitant un traitement. Le retentissement fonctionnel est plus utile qu’un bruit articulaire pris isolément. [1,3]

La consultation recherche les mouvements précis qui déclenchent la douleur. Il est utile de décrire une situation concrète : servir, soulever une charge, atteindre une étagère ou dormir sur le côté. Cette description aide à distinguer une gêne mécanique reproductible d’une douleur plus diffuse.

Comment diagnostiquer une lésion SLAP de l’épaule ?

L’examen de l’épaule

L’examen apprécie la mobilité, la force de la coiffe, le contrôle de l’omoplate et la stabilité. Plusieurs manœuvres peuvent solliciter le labrum ou le biceps. Aucun test isolé ne doit être présenté comme une preuve absolue. L’ensemble des constatations doit correspondre à votre histoire. [10,11]

Une limitation de rotation, une faiblesse ou une dysfonction de l’omoplate peuvent devenir des objectifs de rééducation, même si une image de lésion SLAP est présente. L’examen recherche aussi les autres sources de douleur qui pourraient expliquer un échec de traitement ciblé sur le labrum. [4]

Arthroscanner ou arthro-IRM

La radiographie n’analyse pas directement le labrum, mais recherche d’autres anomalies. Lorsque l’analyse du labrum doit être précisée, un examen avec injection intra-articulaire de produit de contraste peut être proposé. Il n’est pas nécessaire dans toutes les situations. [1]

L’arthroscanner, réalisé avec un produit de contraste iodé, est l’examen le plus pratique. Il montre le produit de contraste qui s’insinue sous le labrum décollé.

L’arthro-IRM, réalisée avec du gadolinium, permet de voir en plus l’inflammation des tissus de l’épaule.

Une mention « SLAP » sur le compte rendu doit être confrontée à l’âge, au mécanisme, aux symptômes et à l’examen. L’étude des épaules asymptomatiques montre pourquoi l’imagerie ne doit pas décider seule d’une opération. Avant une intervention, demandez ce qui permet d’attribuer votre douleur à cette lésion. [2]

Arthroscanner de l’épaule droite en coupe coronale : produit de contraste infiltrant la base du labrum supérieur (flèche), évocateur d’une lésion SLAP

Arthroscanner de l’épaule (coupe coronale) : le produit de contraste s’insinue sous le labrum supérieur (flèche), aspect évocateur d’une lésion SLAP.

La rééducation est souvent le premier traitement

Le traitement conservateur associe une adaptation temporaire des activités douloureuses et un programme de rééducation. Il peut comprendre un travail de mobilité, de souplesse, de force de la coiffe et de contrôle scapulaire. La progression tient compte des exigences du travail et du sport. [4]

Il ne s’agit pas d’abandonner définitivement toute activité au-dessus de la tête. L’objectif est de reconstruire une tolérance aux charges et aux gestes. La technique sportive, la quantité d’entraînement et les périodes de récupération méritent aussi d’être examinées. La présence d’une lésion sur l’IRM n’interdit pas toute récupération sans opération. [4]

Une revue systématique consacrée aux sportifs retrouve des retours au sport après traitement non opératoire, particulièrement chez ceux qui terminent leur programme de rééducation. Les résultats restent variables et ne permettent pas de promettre le retour au niveau antérieur à tous les patients. Ils soutiennent néanmoins une vraie place pour le traitement conservateur. [4]

Le suivi doit mesurer des progrès utiles : sommeil, amplitudes, gestes quotidiens et mouvements sportifs. Si le programme ne fonctionne pas, il faut vérifier ce qui a été réalisé, sa durée, les obstacles et la présence d’une lésion associée.

Médicaments et infiltrations

Un traitement antalgique ou anti-inflammatoire peut être discuté selon les contre-indications. Une infiltration peut parfois aider à réduire une inflammation ou à préciser la région responsable de la douleur. Elle ne recolle pas le labrum et ne constitue pas une réparation mécanique. [1]

Les décisions doivent rester individualisées. Répéter des gestes sans réévaluer leur effet ou la cause des symptômes peut retarder une prise en charge plus adaptée. Le soulagement après une infiltration est une information clinique, pas une garantie de succès d’une opération.

Quand opérer une lésion SLAP de l’épaule ?

L’opération peut être envisagée lorsque la gêne reste importante malgré un traitement non opératoire approprié et que les éléments cliniques soutiennent une lésion symptomatique. Les attentes doivent être réalistes, notamment pour les sports de lancer et les gestes professionnels répétés au-dessus de la tête. [3,5]

Un essai randomisé chez des candidats à une chirurgie pour une lésion SLAP isolée de type II n’a pas retrouvé de différence significative entre réparation du labrum, ténodèse du biceps et chirurgie simulée. Ce résultat ne signifie pas qu’aucune lésion ne doit être opérée. Il impose toutefois de sélectionner soigneusement les indications et d’expliquer l’incertitude du bénéfice. [3]

Réparation du labrum

La réparation arthroscopique réattache le labrum à la glène avec des ancres et des fils. Elle peut être discutée dans certaines lésions traumatiques, notamment lorsque la conservation de l’attache est pertinente. La qualité des tissus et les contraintes sportives participent au choix. Une réparation n’est pas indiquée pour chaque aspect dégénératif. [1,6]

Vue arthroscopique de l’épaule : réparation du labrum supérieur sur ancres chirurgicales pour une lésion SLAP

Réparation du labrum supérieur sous arthroscopie pour une lésion SLAP : le bourrelet est réattaché à la glène sur des ancres chirurgicales.

Ténodèse du long biceps

La ténodèse détache le long biceps de son insertion supérieure et le fixe sur l’humérus. Elle cherche à diminuer les contraintes douloureuses sur le complexe labrum-biceps. Certaines études comparatives retrouvent des résultats favorables et moins de reprises que la réparation dans des groupes sélectionnés ; la supériorité n’est pas universelle. [5,6]

L’âge apporte un contexte, mais ne doit pas devenir un seuil automatique. Le type de sport, l’état du tendon, les lésions associées et les objectifs comptent également. Les résultats concernant un sportif amateur ne se transposent pas forcément à un lanceur de haut niveau. [6,7]

Vue arthroscopique de l’épaule : ténodèse du long biceps réalisée pour traiter une lésion SLAP

Ténodèse du long biceps sous arthroscopie pour traiter une lésion SLAP : le tendon est refixé sur l’humérus.

Débridement ou ténotomie

Un débridement peut retirer un fragment instable sans réaliser une réparation complète. Une ténotomie libère le long biceps sans le refixer. Les indications diffèrent de celles d’une réparation du labrum. Pour les lésions du biceps, les comparaisons entre ténotomie et ténodèse montrent notamment des différences possibles d’aspect du muscle ; le choix dépend du contexte. [1,8]

Avant tout geste, le consentement éclairé aborde les alternatives, les bénéfices espérés et les risques : douleur résiduelle, raideur, algodystrophie, infection, hématome, atteinte nerveuse rare, défaut de fixation ou de cicatrisation et éventuelle reprise. Les gestes sur le biceps peuvent aussi modifier son aspect ou provoquer des crampes. [1,8]

Rééducation après opération et retour au sport

Le programme dépend du geste. Une réparation du labrum et une ténodèse nécessitent une protection des tissus pendant leur cicatrisation. Les mouvements du bras et les efforts de flexion du coude ne sont pas repris au même rythme après toutes les interventions. L’attelle et les restrictions doivent être précisées par le chirurgien. [1,8]

Le retour au sport demande une récupération de mobilité, de force, de contrôle et de tolérance au geste spécifique. Les synthèses consacrées aux sportifs montrent que reprendre une activité et retrouver sa performance antérieure sont deux résultats différents. Le lancer reste particulièrement exigeant. [7,9]

L’arrêt de travail est adapté au métier. Une personne travaillant au clavier et une personne effectuant des manutentions n’ont pas les mêmes besoins. Pour la conduite, il faut pouvoir contrôler le véhicule et réagir sans limitation par l’attelle, la douleur ou des médicaments sédatifs. Un calendrier individuel est plus utile qu’une date unique affichée pour tous.

Questions fréquentes sur la lésion SLAP de l’épaule

Une lésion SLAP à l’IRM impose-t-elle une opération ?

Non. Elle peut être liée au vieillissement et rester indolore. Une indication opératoire nécessite une concordance entre les symptômes, l’examen et l’imagerie, puis une discussion des traitements non chirurgicaux. [2,3]

Peut-on aller mieux sans réparer le labrum ?

Oui. Une amélioration fonctionnelle sans chirurgie est possible. Elle repose notamment sur la rééducation et l’adaptation des contraintes, sans garantie de réussite pour chaque patient. [4]

Ténodèse et réparation SLAP sont-elles identiques ?

Non. La réparation conserve et refixe le labrum supérieur. La ténodèse modifie l’attache du long biceps en le fixant sur l’humérus. Le choix répond à des objectifs différents. [5,6]

Peut-on reprendre la musculation ?

Une reprise progressive est possible selon les symptômes et le traitement. Après chirurgie, les exercices qui chargent le biceps ou l’épaule doivent attendre les étapes de cicatrisation prévues. Une reprise précoce des charges lourdes ne doit pas être décidée sur la seule baisse de douleur. [1,8]

Un claquement dans l’épaule est-il inquiétant ?

Un bruit indolore n’est pas suffisant pour diagnostiquer une lésion SLAP. Un accrochage douloureux, une perte de fonction ou des épisodes d’instabilité justifient en revanche un examen. [1]

Le retour au même niveau sportif est-il garanti ?

Non. Les résultats varient selon le sport, les lésions associées et le niveau de départ. Il faut distinguer reprise de l’activité et récupération complète de la performance. [7,9]

Références

  1. AAOS OrthoInfo. SLAP Tears. orthoinfo.org
  2. High Prevalence of Superior Labral Tears Diagnosed by MRI in Middle-Aged Patients With Asymptomatic Shoulders. 2016. PMID 26779556.
  3. Sham surgery versus labral repair or biceps tenodesis for type II SLAP lesions of the shoulder: a three-armed randomised clinical trial. 2017. PMID 28495804.
  4. Return to play following nonsurgical management of superior labrum anterior-posterior tears: a systematic review. 2022. PMID 35063641.
  5. Lower Reoperation and Higher Return-to-Sport Rates After Biceps Tenodesis Versus SLAP Repair in Young Patients: A Systematic Review. 2022. PMID 36312714.
  6. Biceps Tenodesis Versus Superior Labral Anterior and Posterior (SLAP) Lesion Repair for the Treatment of SLAP Lesion in Overhead Athletes: A Systematic Review and Meta-analysis. 2022. PMID 34591715.
  7. Moderate Return to Play and Previous Performance After SLAP Repairs in Competitive Overhead Athletes: A Systematic Review. 2022. PMID 35367301.
  8. Biceps Tenodesis Versus Tenotomy in the Treatment of Lesions of the Long Head of the Biceps Tendon in Patients Undergoing Arthroscopic Shoulder Surgery: A Prospective Double-Blinded Randomized Controlled Trial. 2020. PMID 32223645.
  9. Return to Sport at Preinjury Level is Common After Surgical Treatment of SLAP Lesions: A Systematic Review and a Meta-analysis. 2024. PMID 38695497.
  10. SLAP lesions: current controversies. 2019. PMID 30800477.
  11. American Shoulder and Elbow Surgeons SLAP/Biceps Anchor Study Group evidence review: pathoanatomy and diagnosis in clinically significant labral injuries. 2023. PMID 36681106.

Où consulter un chirurgien de l’épaule pour une lésion SLAP de l’épaule à Paris ?

  • Paris 16e : Institut Main Épaule Jouvenet, Clinique Jouvenet, 6 square Jouvenet, 75016 Paris. Tél. 01 42 15 42 31.
  • Essonne (91) : Centre Épaule Main Grand Paris Sud et SOS Main Quincy. Consultations au centre Galien 2, 22 rue des Deux-Communes, 91480 Quincy-sous-Sénart. Tél. 01 69 39 96 97. Interventions à l’Hôpital Privé Claude Galien.

Apportez vos images, les comptes rendus et les détails de votre rééducation. La consultation permet de discuter le rôle réel de la lésion et les options adaptées à vos objectifs.

Le Dr Kilinc est chirurgien de la main et de l’épaule à Paris 16e et à Quincy-sous-Sénart. Pour prendre rendez-vous en ligne ou poser une question avant la consultation, contactez le Dr Kilinc.

Voir aussi : toutes les pathologies de l’épaule.

Page rédigée par le Dr Alexandre Kilinc et publiée le 11 octobre 2026. Cette page a une vocation d'information et ne remplace pas une consultation médicale.