Tendinite de l’épaule : tendinopathie de la coiffe des rotateurs et conflit sous-acromial
Par le Dr Alexandre Kilinc, chirurgien orthopédiste spécialiste de l'épaule, du coude et de la main. Consultations pour tendinite de l’épaule à l’Institut Main Épaule Jouvenet (Clinique Jouvenet, Paris 16e) et au Centre Épaule Main Grand Paris Sud (Hôpital Privé Claude Galien, Quincy-sous-Sénart). Mis à jour le 27 septembre 2026.
Sommaire
La tendinite de l’épaule désigne une souffrance des tendons de la coiffe des rotateurs, souvent associée à une irritation de la bourse sous-acromiale. Les médecins parlent aujourd’hui plutôt de tendinopathie de la coiffe ou de douleur sous-acromiale, car le tendon est surtout remanié et moins tolérant à la charge, sans véritable inflammation aiguë. La douleur d’épaule est très fréquente : selon les études, elle touche à un moment donné entre 7 et 26 % des adultes [1].
Cette page explique les symptômes, les examens utiles et les traitements de la tendinite de l’épaule, y compris la tendinite calcifiante. Lorsque le tendon est rompu, la prise en charge est différente : elle est détaillée sur la page consacrée à la rupture de la coiffe des rotateurs. Chirurgien de l’épaule, je privilégie d’abord la rééducation et l’adaptation des efforts, et je réserve la chirurgie à des situations précises.
Chiffres et notions clés
Qu’est-ce qu’une tendinite de l’épaule ?
Tendinopathie du supra-épineux : le tendon, remanié et douloureux près de son insertion, glisse sous l’acromion, dont le sépare la bourse sous-acromiale (illustration Dr Kilinc).
La coiffe des rotateurs réunit quatre muscles et leurs tendons : le supra-épineux, l’infra-épineux, le petit rond et le subscapulaire. Ils entourent la tête de l’humérus et la maintiennent centrée pendant que le deltoïde élève le bras. Au-dessus d’eux, la bourse sous-acromiale, un petit coussin de glissement, sépare les tendons de l’acromion.
Dans une tendinopathie, le tendon supporte moins bien les contraintes : les gestes répétés bras au-dessus de la tête, le port de charges, certains sports et l’avancée en âge favorisent ces remaniements. La bourse peut aussi s’épaissir et devenir douloureuse ; on parle alors de bursite sous-acromiale. Ces deux phénomènes sont fréquemment associés, et leurs symptômes se ressemblent. Par ailleurs, une tendinite de l’épaule n’est pas une rupture : le tendon reste continu, même s’il est fragilisé.
Conflit sous-acromial, bursite ou calcification : de quoi parle-t-on ?
Le conflit sous-acromial décrit une douleur qui apparaît lorsque le bras s’élève, typiquement entre 70 et 120° environ, comme si les tendons et la bourse frottaient sous l’acromion. Ce terme reste courant ; cependant, les études récentes montrent que la forme de l’os n’explique pas à elle seule la douleur. On préfère donc parler de douleur sous-acromiale ou de tendinopathie de la coiffe [4, 5].
La tendinite calcifiante est une forme particulière : un dépôt de calcium se forme dans un tendon, le plus souvent le supra-épineux. Elle peut provoquer des crises très douloureuses, parfois la nuit, et se résorber spontanément. Enfin, une perte de force nouvelle doit faire rechercher une rupture du tendon.
Rééducation
Échographie
Radiographie
Examen et imagerie
Quels facteurs favorisent une tendinite de l’épaule ?
Les gestes répétés bras au-dessus de la tête, au travail comme au sport (natation, tennis, sports de lancer, musculation), augmentent les contraintes sur la coiffe. L’avancée en âge rend en outre les tendons moins tolérants. Une posture enroulée, une mauvaise mobilité de l’omoplate ou une reprise trop brutale après une période d’inactivité peuvent aussi contribuer. À l’inverse, une adaptation progressive de la charge aide le tendon à s’adapter.
Quels sont les symptômes d’une tendinite de l’épaule ?
La douleur siège sur le moignon de l’épaule et descend souvent sur la face externe du bras, vers le deltoïde. Elle apparaît lors de l’élévation du bras, avec un arc douloureux, et lors des gestes au-dessus de la tête. De plus, elle réveille fréquemment la nuit, surtout en dormant sur le côté atteint. La mobilité reste en général conservée quand on aide le bras, ce qui la distingue d’une capsulite ou d’une arthrose.
Formes de l’acromion (plat, courbe, crochu) : un acromion crochu était classiquement accusé d’irriter la coiffe, mais son rôle dans la douleur est aujourd’hui discuté (illustration Dr Kilinc).
Quels examens pour une tendinite de l’épaule ?
L’examen compare les mobilités active et passive, recherche un arc douloureux et teste la force de chaque tendon (tests de Jobe, de rotation externe, belly press). Les manœuvres de conflit, comme celles de Hawkins ou de Neer, orientent le diagnostic, sans être à elles seules très spécifiques. En effet, c’est l’ensemble de l’examen qui guide la suite.
Radiographies
Elles recherchent une calcification, une arthrose acromio-claviculaire ou gléno-humérale et la forme de l’acromion.
Échographie
Elle montre les tendons en mouvement, une bursite, une calcification ou une rupture, et permet de guider une infiltration.
IRM
Elle se discute en cas de doute, de perte de force ou de projet chirurgical ; pour détecter une rupture, sa précision est voisine de celle de l’échographie [9].
Quels traitements pour une tendinite de l’épaule ?
Le traitement d’une tendinite de l’épaule est d’abord non chirurgical. Il associe l’adaptation des efforts, une rééducation progressive et, si besoin, un traitement de la douleur ; la chirurgie est rarement nécessaire [2, 6].
Les options de traitement de la tendinite de l’épaule
En pratique, la régularité de la rééducation et l’adaptation des gestes comptent davantage que la multiplication des traitements passifs.
Traitement de base
Quelle rééducation pour une tendinite de l’épaule ?
La rééducation d’une tendinite de l’épaule vise à retrouver une épaule tolérante à l’effort. D’abord, on calme les gestes les plus douloureux et on entretient la mobilité. Ensuite, le travail porte sur le contrôle de l’omoplate et le renforcement progressif de la coiffe, notamment des rotateurs externes, avant de reproduire les gestes du travail ou du sport. Une revue Cochrane montre un bénéfice modéré de l’association exercices et thérapie manuelle par rapport à un placebo, avec des protocoles très variables [2].
- Éviter temporairement les gestes répétés bras au-dessus de la tête.
- Porter les charges près du corps.
- Faire des pauses lors des tâches prolongées et adapter le poste de travail.
- Reprendre le sport progressivement, après un échauffement de l’épaule.
Une gêne modérée pendant les exercices reste acceptable si elle disparaît rapidement ; en revanche, une douleur qui persiste le lendemain impose d’alléger la charge. La récupération se compte habituellement en semaines ou en mois, et la régularité fait la différence. Enfin, les techniques passives (massages, ultrasons, électrothérapie) peuvent soulager transitoirement, mais elles ne remplacent pas les exercices actifs.
Infiltrations
Infiltration de cortisone pour une tendinite de l’épaule : utile ?
L’infiltration de corticoïde dans la bourse sous-acromiale peut calmer une douleur qui empêche la rééducation. Une méta-analyse montre toutefois que son effet est faible et transitoire : un soulagement apparaît entre la 4e et la 8e semaine, mais il n’est plus supérieur à un placebo à 3 mois, et répéter les injections n’apporte pas davantage [3]. L’infiltration sert donc surtout à passer un cap douloureux, en association avec les exercices.
De préférence, le geste est guidé par échographie. Les infiltrations répétées sont par ailleurs à éviter, car elles pourraient fragiliser le tendon ; elles se discutent avec prudence si une chirurgie de la coiffe est envisagée.
Infiltration sous-acromiale sous échographie : la sonde permet de suivre l’aiguille en temps réel jusqu’à la bourse sous-acromiale, ce qui améliore la précision du geste (illustration Dr Kilinc).
Infiltration sous-acromiale sans échographie : l’aiguille est introduite sous le bord de l’acromion en s’aidant des repères anatomiques palpés (illustration Dr Kilinc).
Mon avis sur le PRP
Je ne considère pas le PRP comme un traitement de référence de la tendinite de l’épaule. D’expérience, son bénéfice est mineur, et ce n’est pas une injection que je privilégie. Je le réserve aux patients qui souhaitent l’essayer avant un éventuel recours à la chirurgie, après une information claire sur ses limites et sur son coût.
Tendinite calcifiante : quels traitements ?
Une calcification de la coiffe peut se résorber spontanément, parfois au prix d’une crise très douloureuse. Lorsqu’elle reste symptomatique malgré le traitement médical, un lavage sous échographie (ou barbotage) peut être proposé : une aiguille fragmente et aspire le calcium. Dans un essai randomisé, ce geste a donné à un an de meilleurs résultats qu’une infiltration seule, avec une calcification plus réduite [7].
Les ondes de choc font aussi partie des options ; une méta-analyse en réseau les place parmi les techniques efficaces sur la douleur et la fonction, avec des résultats variables selon les protocoles [8]. Enfin, l’ablation arthroscopique d’une calcification reste réservée aux formes rebelles.
Faut-il opérer une tendinite de l’épaule ?
Pendant longtemps, l’acromioplastie (ou décompression sous-acromiale), qui consiste à raboter le dessous de l’acromion sous arthroscopie, a été proposée pour les douleurs de conflit. Pourtant, deux essais contrôlés contre une chirurgie placebo n’ont pas montré de bénéfice supplémentaire, à 6 mois dans l’essai britannique CSAW et jusqu’à 10 ans dans l’essai finlandais FIMPACT [4, 5]. Une recommandation internationale déconseille donc fortement cette chirurgie pour une douleur sous-acromiale sans autre lésion [6].
La chirurgie garde ainsi une place limitée à des lésions précises : une rupture de la coiffe des rotateurs réparable, une calcification rebelle ou certaines lésions associées. Avant toute intervention, le diagnostic est donc réévalué et l’examen confronté à l’imagerie.
En cas d’intervention, les suites opératoires (attelle, mouvements pendulaires, sommeil, pansements et kinésithérapie) sont détaillées dans mes conseils après une opération de l’épaule.
Comment éviter les récidives ?
Maintenir un renforcement régulier de la coiffe et de l’omoplate, s’échauffer avant le sport, augmenter progressivement les charges et faire des pauses lors des tâches bras levés limitent les rechutes. Une douleur qui revient doit conduire à réduire temporairement la charge plutôt qu’à arrêter toute activité.
Ma prise en charge : tendinite de l’épaule à Paris et en Essonne
Chirurgien de l’épaule à Paris 16e (Clinique Jouvenet, au sein de l’Institut Épaule Jouvenet) et à Quincy-sous-Sénart (Hôpital Privé Claude Galien), je vérifie d’abord qu’il s’agit bien d’une tendinopathie et non d’une rupture, d’une capsulite ou d’une douleur cervicale. Je propose ensuite une prise en charge progressive : adaptation des efforts, rééducation, infiltration si besoin, lavage d’une calcification rebelle, et chirurgie seulement lorsqu’une lésion précise la justifie.
Voir aussi la rupture de la coiffe des rotateurs, la capsulite rétractile, l’arthrose de l’épaule et les autres pathologies de l’épaule.
Où consulter un chirurgien de l’épaule pour une tendinite de l’épaule à Paris ?
- Paris 16e : Institut Épaule Jouvenet, Clinique Jouvenet, 6 square Jouvenet, 75016 Paris. Tél. 01 42 15 42 31.
- Essonne (91) : Centre Épaule Main Grand Paris Sud et SOS Main Quincy. Consultations au centre Galien 2, 22 rue des Deux-Communes, 91480 Quincy-sous-Sénart. Tél. 01 69 39 96 97. Interventions à l'Hôpital Privé Claude Galien.
Je fais partie des onze chirurgiens de l’Institut Épaule Jouvenet, classé 1er à Paris en chirurgie de l’épaule par le palmarès du Point (2021). L’ensemble de ma prise en charge est présenté sur la page chirurgien de l’épaule à Paris.
Le Dr Kilinc est chirurgien de la main et de l’épaule à Paris 16e et à Quincy-sous-Sénart. Pour prendre rendez-vous en ligne ou poser une question avant la consultation, contactez le Dr Kilinc.
Questions fréquentes sur la tendinite de l’épaule
Tendinite ou tendinopathie de l’épaule : quelle différence ?
Le mot tendinite évoque une inflammation ; en pratique, le tendon est surtout remanié et moins tolérant à la charge. C’est pourquoi on parle aujourd’hui de tendinopathie de la coiffe des rotateurs.
Combien de temps dure une tendinite de l’épaule ?
Souvent plusieurs semaines à quelques mois. L’évolution dépend de la durée des symptômes, de la charge imposée à l’épaule et de la régularité de la rééducation [2].
Faut-il arrêter le sport en cas de tendinite de l’épaule ?
Pas forcément. On réduit temporairement les gestes douloureux, surtout bras au-dessus de la tête, puis on reprend progressivement ; le repos strict prolongé n’est pas un traitement.
Une infiltration de cortisone guérit-elle une tendinite de l’épaule ?
Non. Elle apporte au mieux un soulagement faible et transitoire, de quelques semaines, sans modifier l’évolution du tendon ; répéter les injections n’est pas plus efficace [3].
Faut-il faire une IRM pour une tendinite de l’épaule ?
Pas d’emblée. Les radiographies et l’échographie suffisent souvent ; l’IRM se discute en cas de doute, de perte de force ou de projet chirurgical [9].
L’acromioplastie est-elle utile pour une tendinite de l’épaule ?
Pour une douleur de conflit sans rupture, la décompression sous-acromiale n’a pas fait mieux qu’une chirurgie placebo, y compris à 10 ans [4, 5, 6].
Qu’est-ce qu’une tendinite calcifiante de l’épaule ?
Un dépôt de calcium dans un tendon de la coiffe. Lorsqu’il reste douloureux malgré le traitement médical, un lavage sous échographie peut être proposé [7, 8].
Une tendinite de l’épaule peut-elle évoluer vers une rupture ?
L’usure du tendon peut progresser avec le temps. Une perte de force nouvelle pour lever le bras doit donc faire rechercher une rupture de la coiffe.
Références
- Luime JJ, Koes BW, Hendriksen IJ, et al. Prevalence and incidence of shoulder pain in the general population; a systematic review. Scand J Rheumatol, 2004;33(2):73-81. PMID 15163107.
- Page MJ, Green S, McBain B, et al. Manual therapy and exercise for rotator cuff disease. Cochrane Database Syst Rev, 2016;(6):CD012224. PMID 27283590.
- Mohamadi A, Chan JJ, Claessen FM, et al. Corticosteroid injections give small and transient pain relief in rotator cuff tendinosis: a meta-analysis. Clin Orthop Relat Res, 2017;475(1):232-243. PMID 27469590.
Chirurgie et tendinite calcifiante
- Beard DJ, Rees JL, Cook JA, et al. Arthroscopic subacromial decompression for subacromial shoulder pain (CSAW): a multicentre, pragmatic, parallel group, placebo-controlled, three-group, randomised surgical trial. Lancet, 2018;391(10118):329-338. PMID 29169668.
- Kanto K, Bäck M, Ibounig T, et al. Arthroscopic subacromial decompression versus placebo surgery for subacromial pain syndrome: 10 year follow-up of the FIMPACT randomised, placebo surgery controlled trial. BMJ, 2025;391:e086201. PMID 41330610.
- Vandvik PO, Lähdeoja T, Ardern C, et al. Subacromial decompression surgery for adults with shoulder pain: a clinical practice guideline. BMJ, 2019;364:l294. PMID 30728120.
- de Witte PB, Selten JW, Navas A, et al. Calcific tendinitis of the rotator cuff: a randomized controlled trial of ultrasound-guided needling and lavage versus subacromial corticosteroids. Am J Sports Med, 2013;41(7):1665-73. PMID 23696211.
- Moggio L, Marotta N, de Sire A, et al. Efficacy of conservative approaches on pain relief and function in patients with rotator cuff calcific tendinopathy: which is the best option? A systematic review and network meta-analysis. Orthop Surg, 2025;17(11):3048-3066. PMID 41002287.
- Lenza M, Buchbinder R, Takwoingi Y, et al. Magnetic resonance imaging, magnetic resonance arthrography and ultrasonography for assessing rotator cuff tears in people with shoulder pain for whom surgery is being considered. Cochrane Database Syst Rev, 2013;(9):CD009020. PMID 24065456.







