Maladie de Dupuytren : symptômes, stades et traitements des doigts rétractés

Par le Dr Alexandre Kilinc, chirurgien orthopédiste spécialiste de la main et de l'épaule. Institut Main Épaule Jouvenet (Clinique Jouvenet, Paris 16e) et Centre Épaule Main Grand Paris Sud / SOS Main Quincy (Hôpital Privé Claude Galien, Quincy-sous-Sénart). Mis à jour le 27 septembre 2026.

La maladie de Dupuytren est un épaississement progressif de l'aponévrose palmaire, une membrane fibreuse située sous la peau de la paume. Elle forme des nodules puis des cordes qui replient peu à peu un ou plusieurs doigts, surtout l'annulaire et l'auriculaire, sans atteindre les tendons. Elle est le plus souvent indolore et d'origine génétique. On la traite quand la main ne peut plus se poser à plat sur une table. L'aponévrotomie à l'aiguille est simple mais récidive souvent ; l'aponévrectomie chirurgicale reste le traitement de référence des formes évoluées. Aucun traitement ne guérit la maladie : l'objectif est de redonner l'extension des doigts et une main fonctionnelle.

Sommaire

Chiffres et notions clés

1831
Première description par le baron Guillaume Dupuytren, Hôtel-Dieu de Paris

> 50 ans
Âge de début habituel, avec un pic entre 60 et 70 ans

4e et 5e
Doigts les plus touchés : annulaire, puis auriculaire

1 sur 2
Atteinte des deux mains au cours de l'évolution

21 % (30-50 %)
Récidive après aponévrectomie : 21 % à 5 ans, 30 à 50 % selon les séries [2]

Clinique
Le diagnostic repose sur l'examen : aucun examen n'est nécessaire en règle générale

Test de la table
Si la main ne se pose plus à plat sur une table, il est temps de consulter

Chirurgie spécialisée
Geste à l’aiguille ou chirurgie au bloc opératoire, en ambulatoire, par un chirurgien spécialiste de la main

Qu'est-ce que la maladie de Dupuytren ?

La maladie de Dupuytren est une fibrose de l'aponévrose palmaire superficielle. Cette lame fibreuse, située entre la peau et les tendons, protège les nerfs, les artères et les tendons de la paume. Sous l'effet d'une prolifération anormale de cellules appelées myofibroblastes, qui produisent un excès de collagène, l'aponévrose s'épaissit. Elle forme d'abord des nodules palpables dans la paume, puis des cordes (ou brides) qui se rétractent et tirent le doigt en flexion. Le doigt ne peut alors plus s'étendre complètement, même de façon passive.

Contrairement à une idée répandue, les tendons fléchisseurs ne sont pas atteints. C'est ce qui explique que la chirurgie, en retirant ou en sectionnant les cordes, permette de récupérer l'extension du doigt.

L'annulaire et l'auriculaire sont les doigts les plus souvent concernés, mais tous peuvent l'être, y compris le pouce et la première commissure. La maladie est surnommée « maladie des Vikings » en raison de sa fréquence dans les populations scandinaves, islandaises, irlandaises et anglo-saxonnes. Elle a été décrite en 1831 par le baron Guillaume Dupuytren, chirurgien de l'Hôtel-Dieu de Paris.

Le baron Guillaume Dupuytren (1777-1835), chirurgien de l'Hôtel-Dieu de Paris

Les localisations associées : la diathèse de Dupuytren

Chez certains patients, la même fibrose touche d'autres régions : les coussinets du dos des doigts (knuckle pads ou coussinets de Garrod), la plante du pied (maladie de Ledderhose) ou le pénis (maladie de La Peyronie). On parle de diathèse de Dupuytren. Elle associe un début avant 50 ans, des antécédents familiaux, une atteinte des deux mains et ces localisations ectopiques. Ces formes sont plus agressives et récidivent davantage après traitement. [3]

Origine et causes de la maladie de Dupuytren

Maladie de Dupuytren : bride rétractile de l'aponévrose palmaire tirant le doigt en flexion vers la paume

Bride rétractile de l'aponévrose palmaire tirant le doigt en flexion (patient du Dr Kilinc).

Génétique
antécédents familiaux
Vikings
« maladie des Vikings »
Âge
surtout après 50 ans
Homme
plus fréquente chez l’homme
Europe du Nord
Scandinavie, Irlande, Royaume-Uni
Tabac
facteur favorisant
Alcool
consommation excessive
Diabète
type 1 ou 2

Mécanisme biologique

La maladie est causée par une prolifération anormale de fibroblastes (cellules du tissu conjonctif) qui se transforment en myofibroblastes. Ces cellules produisent un excès de collagène de type III, qui remplace le collagène de type I normal. Il se forme des nodules durs, puis des cordes fibreuses (brides) qui se rétractent avec le temps et tirent les doigts vers la paume.

La composante génétique est prépondérante : plusieurs gènes sont impliqués, notamment ceux de la voie de signalisation Wnt. [4]

Facteurs de risque

  • Prédisposition génétique : antécédents familiaux ; chez les frères et sœurs d'un patient opéré, le risque est environ 4 à 5 fois plus élevé. [5]
  • Sexe et âge : nettement plus fréquente chez l'homme, surtout après 50 ans ; l'écart se réduit avec l'âge.
  • Origines : nord-européennes (Scandinavie, Irlande, Royaume-Uni), d'où le surnom de « maladie des Vikings ».
  • Maladies associées : diabète de type 1 ou 2, épilepsie traitée par phénobarbital, hypertriglycéridémie.
  • Mode de vie : tabac et consommation excessive d'alcool.
  • Travaux manuels et vibrations : ils peuvent aggraver ou révéler la maladie, sans en être la cause directe.

Symptômes et évolution

Stade initial : nodules
Petites boules dures sous la peau de la paume, souvent au pli palmaire distal en regard de l'annulaire. Parfois sensibles au début, puis indolores, avec de petites dépressions de la peau (« capitons »).

Stade intermédiaire : cordes
Les nodules se prolongent en cordes (brides) tendues vers le doigt. Elles fléchissent d'abord la base du doigt (métacarpo-phalangienne), puis le milieu du doigt (interphalangienne proximale).

Stade avancé : rétraction
Le doigt reste replié dans la paume. Serrer une main, enfiler un gant, se laver le visage ou mettre la main dans une poche devient difficile.

L'évolution se fait par poussées, de façon imprévisible : certaines formes restent stables des années, d'autres progressent en quelques mois. La maladie est indolore dans la grande majorité des cas ; la gêne est avant tout fonctionnelle. L'atteinte de l'articulation du milieu du doigt est la plus pénalisante et la plus difficile à corriger lorsqu'elle est ancienne.

Cordes et nodules de Dupuytren dans la paume des deux mains

Cordes et nodules palmaires, ici sur les deux mains (patient du Dr Kilinc).

Maladie de Dupuytren : rétraction en flexion de l'annulaire et de l'auriculaire

Rétraction en flexion de l'annulaire et de l'auriculaire.

Le test de la table (test de Hueston)
Posez la main à plat sur une table, paume vers le bas. Si la paume et les doigts ne touchent pas complètement la surface (la main « fait le pont »), le test est positif. C'est le principal signal qu'il est temps de consulter un chirurgien de la main. J'apprends ce test à mes patients pour qu'ils surveillent eux-mêmes l'évolution entre deux consultations.
Test de la table de Hueston positif : la main ne peut plus se poser à plat, un stylo passe sous la paume

Test de la table positif : la main ne se pose plus à plat.

La classification de Tubiana : les stades de la maladie

La sévérité se mesure doigt par doigt, en additionnant les déficits d'extension de chaque articulation mesurés au goniomètre (déficit d'extension total). [1]

Stade Déficit d'extension total du doigt
N Nodule ou corde sans rétraction
1 0 à 45°
2 45 à 90°
3 90 à 135°
4 Plus de 135°
Classification de Tubiana et Michon de la maladie de Dupuytren : stades 0, N, I à IV selon la somme des déficits d'extension MP, IPP et IPD

Classification de Tubiana et Michon : somme des déficits d'extension MP + IPP + IPD, avec exemples cliniques (illustration Dr Kilinc).

Diagnostic et examens

Le diagnostic est clinique. L'examen suffit : palpation des nodules et des cordes, mesure des angles au goniomètre, recherche des localisations ectopiques et des facteurs de risque. Les radiographies sont normales et donc inutiles, car l'aponévrose n'est pas visible sur les clichés standards. Une échographie est parfois demandée en cas de doute, par exemple pour un nodule isolé. Un électromyogramme n'est réalisé que si l'on suspecte un syndrome du canal carpien associé, une association fréquente qui peut être traitée dans le même temps opératoire.

Certaines affections peuvent imiter la maladie de Dupuytren et doivent être écartées : doigt à ressaut, camptodactylie (flexion congénitale du petit doigt), séquelles de plaie ou de traumatisme tendineux, kyste synovial.

Quand faut-il traiter ?

On ne traite pas un nodule, on traite une rétraction gênante. Les repères habituels sont :

une flexion de la base du doigt (métacarpo-phalangienne) d'environ 30° ou plus
toute flexion fixée du milieu du doigt (interphalangienne proximale), même modérée, car elle devient vite irréversible
un test de la table positif
une progression rapide ou une gêne dans les activités professionnelles ou quotidiennes

Opérer trop tard expose à des résultats moins bons, surtout au niveau de l'articulation interphalangienne proximale, qui s'enraidit.

Les traitements de la maladie de Dupuytren

Aucun traitement ne fait disparaître la prédisposition : on traite les conséquences mécaniques de la maladie, c'est-à-dire la rétraction des doigts. Le choix dépend du stade, des articulations touchées, de l'âge, des facteurs de diathèse et de vos priorités.

Comparatif des options

Traitement Indication principale Anesthésie Récupération Récidive
Surveillance Nodules, stade N à 1 sans gêne — — —
Aponévrotomie à l'aiguille Corde bien individualisée, surtout à la base du doigt ; patient âgé ou souhaitant un geste léger Locale Quelques jours Élevée et précoce
Aponévrectomie chirurgicale Stades 2 à 4, atteinte du milieu du doigt, formes étendues Locorégionale ou locale 3 à 6 semaines Plus faible et plus tardive
Dermo-aponévrectomie + greffe de peau Récidives, formes agressives, peau infiltrée Locorégionale 4 à 8 semaines La plus faible

Traitement 1 · sans geste

Surveillance

Aux stades débutants, sans gêne fonctionnelle, une surveillance annuelle suffit, associée à l'autosurveillance par le test de la table. Les étirements, les attelles préventives et les pommades ne ralentissent pas la maladie. Une injection de corticoïde peut soulager un nodule douloureux ou inflammatoire, sans modifier l'évolution à long terme.

Traitement 2 · geste percutané

Aponévrotomie percutanée à l'aiguille

Sous anesthésie locale et en ambulatoire, la corde est sectionnée à travers la peau à l'aide d'une aiguille fine, en plusieurs points. Le doigt est ensuite étendu pour rompre la corde. Le geste dure quelques minutes, ne laisse pas de cicatrice et ne nécessite qu'un petit pansement.

Aponévrotomie percutanée à l'aiguille : section de la corde de Dupuytren sous anesthésie locale, doigt mis en tension

Aponévrotomie percutanée à l'aiguille : la corde est sectionnée à travers la peau, doigt mis en tension (illustration Dr Kilinc).

Avantages
Geste rapide, pas de cicatrice, reprise des activités en quelques jours, geste répétable.

Limites
La corde est sectionnée mais pas retirée : récidive d'environ 85 % à 5 ans, contre environ 21 % après aponévrectomie, et plus précoce, souvent dans les deux à trois ans. [2]

Elle est particulièrement adaptée aux patients âgés, aux rétractions modérées de la base du doigt et aux personnes prêtes à accepter une récidive précoce en échange d'une récupération rapide. Elle comporte un risque, faible mais réel, de lésion d'un nerf ou d'une artère du doigt : elle doit être réalisée par un chirurgien de la main.

Traitement 3 · traitement de référence

Aponévrectomie chirurgicale

L'intervention se déroule en ambulatoire, au bloc opératoire, sous anesthésie locorégionale (seul le bras est endormi) ou locale. Par des incisions en zigzag (incisions de Bruner) ou en V-Y, le chirurgien retire les nodules et les cordes pathologiques. Il protège les nerfs et les artères du doigt, souvent déplacés ou enroulés autour des cordes, et libère progressivement l'extension. Si l'articulation du milieu du doigt reste raide après l'ablation des cordes, une libération articulaire complémentaire peut être nécessaire.

Aponévrectomie pour maladie de Dupuytren en 3 étapes : bride rétractile, exérèse de l'aponévrose malade, fermeture cutanée en zigzag

Aponévrectomie : bride rétractile, exérèse de l'aponévrose malade en protégeant les pédicules, fermeture cutanée en zigzag (illustration Dr Kilinc).

La peau, rétractée depuis longtemps, manque parfois une fois le doigt remis en extension. Plusieurs solutions existent :

  • la paume ouverte de McCash : une partie de la plaie de la paume est laissée ouverte et cicatrise en deux à quatre semaines. Impressionnante pour le patient, elle est très fiable, limite le risque d'hématome et donne souvent de belles cicatrices ;
  • les lambeaux locaux (plasties en Z, V-Y) pour allonger la peau.
Aponévrectomie pour maladie de Dupuytren : incisions en zigzag et corde retirée

Aponévrectomie : incisions en zigzag et corde pathologique retirée (patient du Dr Kilinc).

Aponévrectomie pour maladie de Dupuytren : fermeture cutanée en zigzag de la paume et du pouce en fin d'intervention

Fin d'intervention : fermeture cutanée en zigzag de la paume et du pouce (patient du Dr Kilinc).

Maladie de Dupuytren avant et après aponévrectomie : bride rétractile de la paume puis doigt en extension et cicatrice à 6 mois

Avant / après : bride rétractile avant l'intervention, puis doigt en extension et cicatrice à 6 mois d'une aponévrectomie (patient du Dr Kilinc).

Traitement 4 · formes récidivantes

Dermo-aponévrectomie et greffe de peau

Réservée aux récidives et aux formes agressives, elle consiste à retirer la peau infiltrée avec les cordes et à la remplacer par une greffe de peau totale. La greffe agit comme un « coupe-feu » qui diminue la récidive sous la zone greffée. Dans les formes multi-récidivées et très sévères du petit doigt, une arthrodèse (fusion de l'articulation) peut exceptionnellement être discutée.

Et la collagénase (Xiapex) ?

Les injections de collagénase, une enzyme qui « dissout » la corde, ont été utilisées en France à partir de 2011. L'autorisation de mise sur le marché a été retirée dans l'Union européenne à la demande du laboratoire, pour des raisons commerciales, avec effet au 1er mars 2020. Le Xiapex n'est donc plus disponible en France. [8]

Autres options

La radiothérapie à faible dose des formes débutantes, pratiquée dans certains pays, et l'aponévrotomie associée à un lipofilling (injection de graisse) font l'objet de publications. Leur place reste à préciser et elles ne sont pas des traitements standards en France.

Suites opératoires et rééducation

Jours 1 à 15

Cicatrisation
Pansements tous les deux à trois jours par une infirmière jusqu'à cicatrisation, vers le 12e–15e jour (trois à quatre semaines en cas de paume ouverte). Ablation des fils vers le 14e jour.

Semaines à mois

Orthèse d'extension
Orthèse sur mesure, portée surtout la nuit, pour maintenir le doigt droit et éviter une rétraction précoce de la cicatrice.

Dès les premiers jours

Kinésithérapie
Mobilisation précoce des doigts, surtout en extension. La kinésithérapie assouplit la cicatrice et lutte contre l'œdème ; les bains écossais aident à diminuer le gonflement.

2 à 6 semaines

Arrêt de travail
Environ deux à trois semaines pour un emploi sédentaire, quatre à six semaines pour un travail manuel ; quelques jours après aiguille.

2 à 4 semaines

Conduite
Reprise quand la main est cicatrisée et que la prise du volant est ferme.

Au long cours

Suivi
Pour dépister une récidive et la traiter avant qu'elle ne s'enraidisse.

La récidive : ce qu'il faut savoir

Taux de récidive à 5 ans
≈ 21 %30 à 50 %selon les séries
après aponévrectomie, contre ≈ 85 % après aiguille [2]
La maladie de Dupuytren ne se guérit pas définitivement : on traite ses conséquences mécaniques. Le tissu malade peut se reformer, et la récidive augmente avec le recul. Les définitions varient selon les études. [6, 7]
Facteurs aggravant la récidive [3]
Âge jeune
Début de la maladie avant 50 ans.
Atteinte des deux mains
Forme bilatérale.
Antécédents familiaux
Forte composante génétique dans la famille.
Localisations ectopiques
Coussinets de Garrod, maladie de Ledderhose ou de La Peyronie.

Risques et complications de la chirurgie

Fréquent

Hématome
Accumulation de sang sous la peau, le plus souvent traitée par des soins locaux ; une évacuation chirurgicale est parfois nécessaire.

Possible

Retard de cicatrisation
Souffrance des bords de la plaie ou nécrose partielle, traitée par des pansements.

Modéré

Lésion nerveuse
Les nerfs du doigt sont intriqués dans les cordes : perte de sensibilité d'un côté du doigt, plus fréquente en cas de récidive.

Rare

Lésion artérielle
Souffrance vasculaire du doigt, surtout dans les formes sévères et récidivantes.

Rare

Infection
Traitée par antibiotiques et soins locaux, parfois par un lavage chirurgical.

Peu fréquent

Algodystrophie (SDRC)
Main gonflée, douloureuse et raide pendant plusieurs mois, d'évolution généralement favorable.

Évitable

Raideur articulaire
Surtout de l'articulation du milieu du doigt, si la rééducation est insuffisante ou mal suivie.

La récidive ou l'extension de la maladie à d'autres zones correspond à l'évolution naturelle de la maladie, et non à un échec technique.

Ma pratique de la chirurgie du Dupuytren

Je pratique les deux grandes techniques : l'aponévrotomie à l'aiguille pour les cordes isolées et les patients qui privilégient une récupération rapide, et l'aponévrectomie chirurgicale pour les formes évoluées. J'y ajoute la chirurgie de reprise des récidives, avec lambeaux ou greffes de peau si nécessaire. Le choix se fait avec vous, selon le stade, les articulations touchées, l'âge, les facteurs de diathèse, l'activité professionnelle et vos attentes.

Où consulter un chirurgien de la main pour une maladie de Dupuytren ?

  • Paris 16e : Institut Main Épaule Jouvenet, Clinique Jouvenet, 6 square Jouvenet, 75016 Paris. Tél. 01 42 15 42 31.
  • Essonne (91) : Centre Épaule Main Grand Paris Sud et SOS Main Quincy. Consultations au centre Galien 2, 22 rue des Deux-Communes, 91480 Quincy-sous-Sénart. Tél. 01 69 39 96 97. Interventions à l'Hôpital Privé Claude Galien.

Le Dr Kilinc est chirurgien de la main et de l’épaule à Paris 16e et à Quincy-sous-Sénart. Pour prendre rendez-vous en ligne ou poser une question avant la consultation, contactez le Dr Kilinc.

Questions fréquentes

La maladie de Dupuytren fait-elle mal ?

Non, dans la grande majorité des cas. Un nodule peut être sensible au tout début ou lors d'une poussée évolutive, mais la gêne est essentiellement fonctionnelle : les doigts ne s'étendent plus.

Peut-on guérir définitivement de la maladie de Dupuytren ?

Non. Le traitement redonne l'extension des doigts, mais la prédisposition génétique persiste. Une récidive ou une extension à d'autres doigts est possible, plus fréquente chez les patients jeunes et en cas de diathèse. Elle peut être traitée à nouveau.

Quand faut-il se faire opérer ?

Quand la main ne se pose plus à plat sur une table, quand la base du doigt est fléchie d'environ 30° ou plus, ou dès que l'articulation du milieu du doigt commence à se fixer en flexion. Attendre trop longtemps diminue les chances de récupérer une extension complète.

Aiguille ou chirurgie : que choisir ?

L'aiguille est plus légère et permet une récupération en quelques jours, mais la récidive est beaucoup plus fréquente et plus précoce (environ 85 % à 5 ans contre 21 % après chirurgie dans l'essai randomisé de référence). La chirurgie donne un résultat plus durable, au prix d'une convalescence de quelques semaines. Le choix dépend du stade, des doigts atteints, de l'âge et de vos priorités.

La maladie de Dupuytren est-elle héréditaire ?

Oui, la composante génétique est forte. Chez les frères et sœurs d'un patient opéré, le risque est environ 4 à 5 fois plus élevé que dans la population générale, mais avoir un parent atteint ne signifie pas que l'on développera forcément la maladie.

L'opération se fait-elle sous anesthésie générale ?

Non, en règle générale. L'intervention est réalisée en ambulatoire, au bloc opératoire, sous anesthésie locorégionale (le bras seul est endormi) ou locale. Vous rentrez chez vous le jour même.

Combien de temps dure la convalescence ?

Trois à six semaines selon l'étendue de la chirurgie, avec une rééducation et une orthèse de nuit pendant quelques semaines à quelques mois. L'arrêt de travail varie de deux à six semaines selon le métier.

Peut-on opérer les deux mains en même temps ?

C'est possible mais rarement conseillé, car les deux mains seraient immobilisées pendant la cicatrisation. On opère habituellement la main la plus gênante d'abord, puis l'autre quelques semaines ou mois plus tard.

Les injections de collagénase sont-elles encore possibles en France ?

Non. Le Xiapex n'est plus commercialisé dans l'Union européenne depuis le 1er mars 2020.

Quel spécialiste consulter pour une maladie de Dupuytren à Paris ?

Un chirurgien de la main, qui pourra proposer l'ensemble des techniques (aiguille, chirurgie, greffe) selon le stade de la maladie. Le Dr Kilinc consulte et opère à la Clinique Jouvenet (Paris 16e) et à l'Hôpital Privé Claude Galien (Quincy-sous-Sénart). Le médecin traitant ou le rhumatologue orientent vers lui dès que la main ne se pose plus à plat.

Références

  1. Tubiana R, Michon J, Thomine JM. Évaluation chiffrée des déformations dans la maladie de Dupuytren. Rev Chir Orthop, 1968.
  2. van Rijssen AL, ter Linden H, Werker PMN. Five-year results of a randomized clinical trial on treatment in Dupuytren's disease: percutaneous needle fasciotomy versus limited fasciectomy. Plast Reconstr Surg, 2012;129(2):469-477. PMID 21987045.
  3. Hindocha S, et al. Dupuytren's diathesis revisited: evaluation of prognostic indicators for risk of disease recurrence. J Hand Surg Am, 2006;31(10):1626-1634. PMID 17145383.
  4. Dolmans GH, et al. Wnt signaling and Dupuytren's disease. N Engl J Med, 2011;365(4):307-317. PMID 21732829.
  5. Capstick R, et al. Sibling recurrence risk in Dupuytren's disease. J Hand Surg Eur Vol, 2013;38(4):424-429. PMID 22791609.
  6. Crean SM, et al. The efficacy and safety of fasciectomy and fasciotomy for Dupuytren's contracture in European patients: a structured review of published studies. J Hand Surg Eur Vol, 2011;36(5):396-407. PMID 21382860.
  7. Kan HJ, et al. Recurrence of Dupuytren's contracture: a consensus-based definition. PLoS One, 2017;12(5):e0164849. PMID 28505187.
  8. Agence européenne des médicaments (EMA). Xiapex : retrait de l'autorisation de mise sur le marché dans l'Union européenne, décision du 5 décembre 2019, effective au 1er mars 2020. ema.europa.eu.
  9. Société Française de Chirurgie de la Main (SFCM). Fiches d'information patients.