Doigt ressaut

Comprendre le doigt à ressaut

Le doigt à ressaut dans sa forme complète correspond au blocage d’un tendon au niveau d’une poulie, entraînant un ressaut ou un phénomène de ressort lorsque le patient allonge le doigt.


Il s’agit d’une ” ténosynovite des tendons fléchisseurs”, cela signifie que le tendon s’enflamme, gonfle, parfois un nodule peut apparaître. Cette ténosynovite entraîne une modification du calibre des tendons fléchisseurs qui vont à leur tour rentrer en contact avec une poulie. Les poulies sont des structures annulaires, non extensibles, présentes à la face palmaire des doigts, assurant la bonne mécanique des doigts. Il existe cinq poulies annulaires, le blocage se fait le plus souvent au niveau de la première poulie dite A1.

Parfois, il n’y a pas de ressaut mais simplement une douleur lors de la flexion extension. Les symptômes sont habituellement plus importants le matin au réveil et ont tendance à s’atténuer dans la journée. Après un certain temps le phénomène est permanent avec un blocage parfois explosif lors des mouvements et parfois l’absence d’extension du doigt.

Le travail répétitif, les mouvements en force, le diabète sont des facteurs favorisants.

Il s’agit d’une maladie bénigne, parfois associée à un syndrome du canal carpien qu’il conviendra de rechercher également.

Le diagnostic clinique mais peut être confirmé par une échographie révélant l’inflammation tendineuse, l’épaississement des poulies et celui du tendon.

Quel est le traitement d'un doigt à ressaut ?

Cette pathologie est bénigne, la mise au repos de du doigt, les anti-inflammatoires peuvent parfois aider au début.
La réalisation d’une infiltration de cortisone est très efficace et doit être souvent réalisée en première intention.

L’infiltration d’un doigt ressaut est effectué en consultation, après désinfection locale, à l’aide de cortisone type Diprostène. L’infiltration est effectuée en regard de la première poulie suivi de quelques jours de repos. L’efficacité apparaît entre 3 jours et trois semaines après l’infiltration. On limite habituellement le nombre d’infiltrations à trois dans l’année.

En cas d’échec du traitement médico infiltratif, une chirurgie pourra alors être proposée. Celle-ci correspond à la libération du tendon fléchisseur par ouverture de la poulie A1 (par une courte voie d’abord, en chirurgie ambulatoire, sous anesthésie locale ou anesthésie WALANT). L’ouverture de cette poulie seule n’a pas de conséquence fonctionnelle.
En post-opératoire il est important d’effectuer une rééducation rapide pour éviter un enraidissement du doigt et des adhérences.

Chez les patients diabétiques, les infiltrations peuvent parfois déséquilibrer le taux de glycémie c’est pourquoi elles sont  limitées. Il existe également des formes de doigt à ressaut qui s’accompagnent d’un blocage des tendons à plusieurs niveaux pour lequel la simple ouverture de la poulie A1 n’est pas suffisante. Il faut dans certains cas, chez les patients diabétiques, ayant un flessum de l’IPP réaliser également une technique de libération intermédiaire dite USSR “Ulnar Superficial Sling Resection”