Épicondylite (tennis elbow) : infiltration, PRP, ondes de choc ou chirurgie ?

Par le Dr Alexandre Kilinc, chirurgien orthopédiste spécialiste du coude, de la main et de l'épaule. Prise en charge de l’épicondylite à l’Institut Main Épaule Jouvenet (Clinique Jouvenet, Paris 16e) et au Centre Épaule Main Grand Paris Sud / SOS Main Quincy (Hôpital Privé Claude Galien, Quincy-sous-Sénart). Mis à jour le 27 septembre 2026.

Épicondylite ou tennis elbow : douleur à l’extérieur du coude, Dr Kilinc chirurgien du coude à Paris
L’épicondylite latérale, ou tennis elbow, est une souffrance du tendon des extenseurs du poignet, à l’extérieur du coude. Elle guérit le plus souvent sans chirurgie, grâce au temps et à une rééducation adaptée. Les ondes de choc aident les formes rebelles ; le PRP n’a qu’un bénéfice modeste, et la chirurgie reste un dernier recours.

Sommaire

L’épicondylite latérale, appelée aussi tennis elbow, est l’une des causes les plus fréquentes de douleur du coude. Elle touche en effet environ 1 à 3 % des adultes, surtout entre 35 et 55 ans, aussi souvent les femmes que les hommes [1]. Il s’agit en fait d’une souffrance du tendon commun des muscles extenseurs du poignet, à son insertion sur l’épicondyle latéral. Contrairement à ce que son nom suggère, moins de 10 % des patients jouent au tennis : la plupart des épicondylites sont liées à des gestes répétés, au travail ou à la maison.

En tant que chirurgien du coude à Paris 16 et à Quincy-sous-Sénart, je propose l’ensemble des traitements de l’épicondylite : rééducation, infiltration échoguidée, ondes de choc et, en dernier recours, chirurgie ouverte ou arthroscopique. Je vous explique aussi pourquoi je ne privilégie pas le PRP.

Chiffres et notions clés

1 à 3 %
Des adultes touchés ; fréquence maximale entre 45 et 54 ans [1]

< 10 %
Des patients jouent au tennis : le travail manuel est bien plus souvent en cause

Tendinose
Une dégénérescence du tendon, sans véritable inflammation [2]

CERC
Le court extenseur radial du carpe, tendon le plus souvent atteint

83 %
Des patients améliorés à un an avec une simple surveillance, dans un essai randomisé [3]

Infiltration
Soulagement rapide, mais davantage de récidives à un an [3, 5]

PRP
Des études contradictoires ; un bénéfice souvent mineur en pratique [13, 14]

Chirurgie
Un dernier recours, après 12 à 18 mois de traitement bien conduit

Qu’est-ce que l’épicondylite latérale ?

L’épicondylite est en réalité une tendinose, c’est-à-dire une dégénérescence du tendon, et non une tendinite au sens d’une inflammation. Les analyses au microscope montrent en effet peu de cellules inflammatoires, mais des fibres désorganisées, des micro-déchirures et de petits vaisseaux anarchiques : c’est l’« hyperplasie angiofibroblastique » décrite par Nirschl [2].

Le tendon le plus souvent atteint est celui du court extenseur radial du carpe (CERC, ou ECRB en anglais). Il subit notamment des contraintes d’étirement et de torsion à chaque extension du poignet et à chaque prise en force. Ainsi, cette biologie explique pourquoi les anti-inflammatoires n’ont qu’un effet limité à long terme. Elle explique aussi pourquoi les traitements qui stimulent la cicatrisation du tendon, comme la rééducation ou les ondes de choc, sont plus logiques.

Épicondylite latérale : tendon des extenseurs du poignet à l’extérieur du coude

La douleur de l’épicondylite siège à l’extérieur du coude, à l’insertion des muscles extenseurs du poignet (illustration Dr Kilinc).

Quelles sont les causes de l’épicondylite ?

L’épicondylite apparaît lorsque le tendon reçoit plus de contraintes qu’il ne peut en réparer. Par exemple, dans une grande étude de population, l’association de gestes répétitifs et d’efforts en force multipliait le risque par plus de cinq ; le tabagisme était également associé [1].

Le tennis n’est donc qu’une cause parmi d’autres. En général, la douleur débute après une période d’activité inhabituelle : bricolage, déménagement, jardinage, nouvel outil ou nouveau poste de travail.

Travail · le plus fréquent
Gestes répétitifs
Extension et rotation répétées du poignet : menuiserie, peinture, plomberie, souris d’ordinateur.

Aménagement du poste

Effort
Force et gestuelle
Outils lourds, prises en force et mauvaise gestuelle surchargent l’insertion du tendon.

Correction du geste

Sport
Tennis
Revers mal exécuté, raquette trop lourde, manche inadapté ou cordage trop tendu.

Technique et matériel

Terrain
Facteurs favorisants
Âge supérieur à 35 ans, tabac, surpoids ; le diabète et l’excès de cholestérol fragilisent aussi les tendons.

Hygiène de vie

Joueur de tennis se tenant le coude : douleur typique du tennis elbow

Le revers au tennis sollicite fortement les extenseurs du poignet ; pourtant, la plupart des épicondylites surviennent chez des non-sportifs.

L’épicondylite est-elle une maladie professionnelle ?

Oui, elle peut l’être. Le tableau n° 57 du régime général reconnaît la « tendinopathie d’insertion des muscles épicondyliens », associée ou non à un syndrome du tunnel radial. Il concerne notamment les travaux comportant habituellement des mouvements répétés de préhension ou d’extension de la main sur l’avant-bras, ou des mouvements de pronosupination. Le délai de prise en charge est alors de 14 jours [12]. La déclaration se fait auprès de l’Assurance maladie, avec le certificat médical initial ; par ailleurs, le médecin du travail peut aider à aménager le poste.

Quels sont les symptômes et comment se fait l’examen ?

La douleur siège à l’extérieur du coude, sur l’épicondyle latéral. Elle est réveillée notamment par la préhension, l’extension du poignet et la rotation contrariée de l’avant-bras ; elle peut aussi irradier vers l’avant-bras. Dans les formes sévères, même les gestes simples deviennent douloureux, par exemple tenir un verre, serrer une main, tourner une clé ou porter un sac. La force de préhension diminue alors, surtout coude tendu.

Le diagnostic est donc avant tout clinique. Le médecin recherche d’abord un point douloureux précis, puis reproduit la douleur par des tests simples :

Test de Cozen
Douleur à l’extension du poignet contre résistance, coude tendu.

Test de Mill
Douleur à la flexion passive du poignet, coude tendu et avant-bras tourné vers le bas.

Point exquis
Douleur à la pression de l’insertion du tendon, environ 1 cm en avant et en dessous de l’épicondyle.

Ce qui peut ressembler à une épicondylite
Par ailleurs, une douleur plus bas sur l’avant-bras, parfois avec une faiblesse de l’extension des doigts, évoque une compression du nerf radial (tunnel radial, nerf interosseux postérieur). Une douleur interne du coude oriente plutôt vers une épitrochléite (golfer’s elbow). Enfin, une atteinte de l’articulation (corps étranger, lésion du cartilage, repli synovial) ou une névralgie venant du cou peut imiter l’épicondylite ou s’y associer.
Examen clinique du coude et du poignet pour une épicondylite

L’examen reproduit la douleur, par exemple par l’extension contrariée du poignet, coude tendu (test de Cozen).

Faut-il une échographie ou une IRM ?

Dans une forme typique, l’examen suffit au diagnostic. L’imagerie est utile en cas de doute, d’échec du traitement, ou avant un PRP ou une chirurgie.

Échographie du tendon des extenseurs

C’est en général l’examen de première intention, disponible et peu coûteux. Elle montre ainsi un tendon épaissi et hypoéchogène, une néovascularisation au Doppler, parfois des micro-fissures ou des calcifications. Elle permet également de guider les injections avec précision.

IRM du coude

Elle est indiquée en cas de doute diagnostique ou avant une chirurgie. Elle montre alors un hypersignal du tendon, une éventuelle rupture partielle, et précise l’état de l’articulation voisine.

Radiographies

Normales dans les formes typiques, elles recherchent notamment une calcification, une séquelle osseuse ou une arthrose associée.

Des examens utiles, pas systématiques
En effet, une image anormale n’est pas toujours la cause de la douleur, et une image peu marquée n’exclut pas une épicondylite. C’est pourquoi l’imagerie est toujours interprétée avec l’examen clinique.

Quels sont les traitements de l’épicondylite ?

Le traitement de l’épicondylite est progressif. La majorité des patients guérissent sans chirurgie : dans un essai randomisé, 83 % étaient améliorés à un an avec une simple surveillance, et 91 % avec la kinésithérapie [3]. Les traitements plus invasifs s’adressent donc aux formes qui résistent.

Étape 1
Repos relatif et rééducation
Adaptation des gestes, attelle, exercices excentriques : de 0 à 3 mois.

Étape 2
Infiltration
Corticoïdes sous échographie : soulagement rapide mais transitoire, deux fois au maximum.

Étape 3
Ondes de choc
Trois à cinq séances hebdomadaires, sans injection, après trois mois d’échec.

Dernier recours
PRP
Plasma riche en plaquettes, pour les patients qui souhaitent l’essayer avant une éventuelle chirurgie.

Étape 4
Chirurgie
En dernier recours, après 12 à 18 mois de traitement bien conduit.

Comparatif des traitements

Option Pour qui ? Principe Ce que l’on peut attendre Limites
Rééducation excentrique Toutes les formes, en première intention Renforcement progressif du tendon et étirements Amélioration progressive en quelques semaines [6] Demande de la régularité
Infiltration de corticoïdes Douleur très invalidante Anti-inflammatoire injecté au contact du tendon Soulagement en 48 à 72 heures Récidives fréquentes ; résultat moins bon à un an [3, 5]
Ondes de choc Échec après 3 mois Ondes mécaniques qui stimulent la cicatrisation Moins de douleur, meilleure force de préhension [7] Résultats variables selon les études
PRP Avant une éventuelle chirurgie, si le patient souhaite l’essayer Plaquettes concentrées injectées sous échographie Résultats contradictoires ; pas mieux que le placebo dans plusieurs essais [13, 14] Bénéfice souvent mineur ; douleur de 48 à 72 heures ; non remboursé
Chirurgie Échec après 12 à 18 mois Excision du tissu dégénératif, ouverte ou arthroscopique Amélioration chez la majorité des patients opérés Bénéfice propre discuté face au placebo [11]

Étapes 1 à 3 · sans chirurgie

Quels traitements essayer avant la chirurgie ?

Le premier temps associe un repos relatif et l’éviction des gestes déclenchants, sans immobiliser complètement le bras. Par ailleurs, une orthèse de repos en extension du poignet peut être portée la nuit, et un bracelet épicondylien (orthèse de contre-appui) pendant les activités. En revanche, le glaçage et les anti-inflammatoires, en cure courte, n’agissent que sur la douleur.

Rééducation excentrique
Le cœur du traitement : exercices excentriques des extenseurs, par exemple avec une barre flexible, et étirements. Dans un essai randomisé, leur ajout a nettement amélioré la douleur et la fonction [6]. Voir aussi notre programme d’auto-rééducation de l’épicondylite.

Attelles
Orthèse de repos la nuit et bracelet épicondylien pendant l’effort : ils déchargent l’insertion du tendon.

Rééducation de l’épicondylite en vidéo

Dans cette vidéo réalisée avec Philippe Terrade, kinésithérapeute à Paris, je vous montre les exercices de rééducation du coude à reproduire deux à trois fois par jour. Terminez ensuite la séance par un glaçage ou un bain écossais (alternance chaud-froid).

Rééduquer votre coude en cas d’épicondylite (vidéo Dr Kilinc, 3 min 17).

Les bons gestes au quotidien
  1. Porter les charges paume vers le haut, coude près du corps.
  2. Alterner les tâches et faire des pauses lors des gestes répétitifs.
  3. Adapter les outils : manche plus large, souris verticale, outils plus légers.
  4. Au tennis, corriger le revers et alléger la raquette ou la tension du cordage.

Pour aller plus loin : 10 conseils pour prévenir l’épicondylite au travail ou au sport.

Infiltration de corticoïdes : un soulagement de courte durée

L’infiltration de corticoïdes, de préférence guidée par échographie, soulage souvent en 48 à 72 heures. Son effet est pourtant transitoire [4]. Ainsi, dans l’essai de Smidt, 92 % des patients infiltrés étaient améliorés à six semaines, mais seulement 69 % à un an, contre 83 % sans traitement [3]. De même, un autre essai contrôlé par placebo retrouve davantage de récidives à un an après corticoïdes : 54 % contre 12 % [5]. C’est pourquoi je limite les infiltrations à deux au maximum, espacées d’au moins six semaines, afin de ne pas fragiliser le tendon. Enfin, l’injection de sang autologue, parfois proposée, n’a pas fait mieux qu’une injection de sérum physiologique dans un essai récent [14].

Ondes de choc : pour qui ?

Les ondes de choc extracorporelles sont une option non invasive après trois mois d’échec du traitement initial. Elles se déroulent en général en trois à cinq séances hebdomadaires, sans anesthésie, et stimulent la vascularisation et la cicatrisation du tendon. Une méta-analyse de 13 essais montre ainsi une amélioration de la douleur et de la force de préhension par rapport aux autres traitements, même si la qualité des études reste limitée [7].

Le PRP en question

PRP : pourquoi je ne le privilégie pas

Le PRP (plasma riche en plaquettes) est très présent dans les médias et sur Internet. Le principe est séduisant : un peu de sang est prélevé, centrifugé pour concentrer les plaquettes, puis réinjecté sous échographie dans le tendon, afin que leurs facteurs de croissance stimulent la réparation.

Mon avis de chirurgien sur le PRP

Je ne suis pas un grand défenseur du PRP dans l’épicondylite. Dans mon expérience, le bénéfice observé est le plus souvent mineur, et ce n’est pas une injection que je privilégie. Je ne le propose donc pas en première intention : je le prescris surtout aux patients qui souhaitent l’essayer avant un éventuel recours à la chirurgie, souvent en dernier recours, après une information claire sur les résultats incertains et sur son coût.

Que disent réellement les études sur le PRP ?

Les résultats sont contradictoires. Certains essais concluent en faveur du PRP, mais souvent face aux corticoïdes, dont on sait qu’ils font moins bien qu’un placebo à un an [5, 8, 9]. Dans un essai multicentrique de 230 patients, le PRP ne faisait pas mieux que le groupe contrôle à 12 semaines ; l’écart n’apparaissait qu’à 24 semaines [10]. En revanche, deux essais contrôlés par une injection de sérum physiologique n’ont montré aucune différence, ni à trois mois [13] ni à un an, où les auteurs déconseillent même son utilisation [14]. C’est pourquoi, pour une épicondylite rebelle, je privilégie la rééducation bien conduite et les ondes de choc. Le PRP garde une place pour les patients qui veulent tout essayer avant la chirurgie.

Lorsqu’un PRP est tout de même réalisé, l’injection se fait sous anesthésie locale, avec un repérage échographique. Une douleur de 48 à 72 heures est fréquente ensuite ; on évite alors les anti-inflammatoires, et le paracétamol ainsi que le glaçage suffisent le plus souvent.

À savoir
Le PRP n’est pas remboursé par l’Assurance maladie (de l’ordre de 150 à 300 € par séance). Avant de l’envisager, il est donc utile de connaître ses limites : un effet modeste et des études qui ne s’accordent pas.

Quand opérer une épicondylite, et avec quelle technique ?

La chirurgie est réservée aux échecs d’un traitement bien conduit pendant 12 à 18 mois, après avoir vérifié le diagnostic et recherché une autre cause de douleur. Elle consiste en fait à retirer le tissu tendineux dégénératif du court extenseur radial du carpe. En général, les séries chirurgicales rapportent de bons résultats chez la majorité des patients. Toutefois, un petit essai randomisé comparant l’excision du tendon à une chirurgie « placebo » n’a pas montré de différence à six mois ni à deux ans et demi [11]. L’indication doit donc rester prudente et bien expliquée.

Technique ouverte
Incision d’environ 4 cm, excision du tissu dégénératif, puis réinsertion du tendon sain sur l’épicondyle. C’est la technique de référence.

Arthroscopie
Traitement par l’intérieur de l’articulation, qui permet aussi de traiter une lésion associée (corps étranger, cartilage). Cicatrices minimes, récupération plus rapide.

Que se passe-t-il après l’opération ?

Immobilisation
Une attelle protège le coude jusqu’à trois semaines, selon le geste réalisé.

Rééducation
Elle dure en général 6 à 8 semaines, avec des exercices progressifs.

Travail
Arrêt de travail de 4 à 8 semaines, selon le métier.

Sport
Reprise du tennis et des sports de raquette vers 3 à 4 mois.

L’intervention se déroule au bloc opératoire, le plus souvent en ambulatoire et sous anesthésie locorégionale, à la Clinique Jouvenet (Paris 16e) ou à l’Hôpital Privé Claude Galien (Quincy-sous-Sénart). Néanmoins, une douleur résiduelle, une raideur transitoire ou, plus rarement, une infection restent possibles ; elles sont expliquées avant l’opération.

Ma prise en charge de l’épicondylite à Paris

Chirurgien du coude et du membre supérieur à Paris 16e (Clinique Jouvenet) et à Quincy-sous-Sénart (Hôpital Privé Claude Galien), je confirme d’abord le diagnostic par l’examen et, si besoin, l’échographie. Je propose ensuite un traitement progressif : rééducation, infiltration échoguidée si besoin, ondes de choc et, seulement en cas d’échec prolongé, chirurgie ouverte ou arthroscopique. Le PRP, dont le bénéfice me paraît mineur, n’est pas une injection que je privilégie : je le réserve aux patients qui souhaitent l’essayer avant une éventuelle chirurgie.

Voir aussi les autres pathologies du coude, la compression du nerf ulnaire au coude et les pathologies du sport.

Où consulter un chirurgien du coude pour une épicondylite à Paris ?

  • Paris 16e : Institut Main Épaule Jouvenet, Clinique Jouvenet, 6 square Jouvenet, 75016 Paris. Tél. 01 42 15 42 31.
  • Essonne (91) : Centre Épaule Main Grand Paris Sud et SOS Main Quincy. Consultations au centre Galien 2, 22 rue des Deux-Communes, 91480 Quincy-sous-Sénart. Tél. 01 69 39 96 97. Interventions à l'Hôpital Privé Claude Galien.

Le Dr Kilinc est chirurgien de la main et de l’épaule à Paris 16e et à Quincy-sous-Sénart. Pour prendre rendez-vous en ligne ou poser une question avant la consultation, contactez le Dr Kilinc.

Questions fréquentes sur l’épicondylite

Combien de temps dure une épicondylite ?

Sans traitement, elle évolue souvent sur 12 à 18 mois, et la majorité des patients sont améliorés à un an [3]. Avec un traitement adapté (rééducation, ondes de choc), la guérison est le plus souvent obtenue en 3 à 6 mois.

Le PRP est-il efficace contre l’épicondylite ?

Les études sont contradictoires : plusieurs essais contre placebo ne montrent pas de bénéfice [13, 14]. Dans mon expérience, le bénéfice est le plus souvent mineur : je le propose surtout en dernier recours, aux patients qui souhaitent l’essayer avant une éventuelle chirurgie. De plus, le PRP n’est pas remboursé (de l’ordre de 150 à 300 € par séance).

Les infiltrations de corticoïdes abîment-elles le tendon ?

Répétées, elles peuvent l’affaiblir et exposer à une rupture partielle ; elles augmentent aussi les récidives à un an [5]. Je les limite donc à deux au maximum, espacées d’au moins six semaines.

Quelle différence entre épicondylite et épitrochléite ?

L’épicondylite (tennis elbow) touche les extenseurs du poignet, à l’extérieur du coude. L’épitrochléite (golf elbow) touche les fléchisseurs, à l’intérieur du coude. Les deux peuvent toutefois coexister.

Peut-on reprendre le tennis après une épicondylite ?

Oui, après guérison, en général au bout de 3 à 6 mois. Il faut cependant corriger la technique (revers, prise), adapter le matériel (raquette plus légère, cordage moins tendu) et renforcer les muscles de l’avant-bras avant la reprise.

Faut-il arrêter de travailler avec une épicondylite ?

Pas forcément. Un aménagement du poste (éviter les extensions du poignet en force, porter un bracelet épicondylien) permet souvent de continuer. Un arrêt complet se discute plutôt dans les formes sévères.

L’épicondylite est-elle une maladie professionnelle ?

Elle peut l’être, au titre du tableau n° 57 du régime général, si le travail comporte des mouvements répétés de préhension ou d’extension de la main, ou de rotation de l’avant-bras [12].

Où se faire soigner une épicondylite à Paris ?

Le Dr Kilinc, chirurgien du coude, consulte à la Clinique Jouvenet (Paris 16e) et à Quincy-sous-Sénart (Essonne). Il assure une prise en charge complète, de la rééducation à la chirurgie si nécessaire.

Références

  1. Shiri R, Viikari-Juntura E, Varonen H, Heliövaara M. Prevalence and determinants of lateral and medial epicondylitis: a population study. Am J Epidemiol, 2006;164(11):1065-1074. PMID 16968862.
  2. Kraushaar BS, Nirschl RP. Tendinosis of the elbow (tennis elbow). Clinical features and findings of histological, immunohistochemical, and electron microscopy studies. J Bone Joint Surg Am, 1999;81(2):259-278. PMID 10073590.
  3. Smidt N, van der Windt DA, Assendelft WJ, Devillé WL, Korthals-de Bos IB, Bouter LM. Corticosteroid injections, physiotherapy, or a wait-and-see policy for lateral epicondylitis: a randomised controlled trial. Lancet, 2002;359(9307):657-662. PMID 11879861.
  4. Coombes BK, Bisset L, Vicenzino B. Efficacy and safety of corticosteroid injections and other injections for management of tendinopathy: a systematic review of randomised controlled trials. Lancet, 2010;376(9754):1751-1767. PMID 20970844.
  5. Coombes BK, Bisset L, Brooks P, Khan A, Vicenzino B. Effect of corticosteroid injection, physiotherapy, or both on clinical outcomes in patients with unilateral lateral epicondylalgia: a randomized controlled trial. JAMA, 2013;309(5):461-469. PMID 23385272.
  6. Tyler TF, Thomas GC, Nicholas SJ, McHugh MP. Addition of isolated wrist extensor eccentric exercise to standard treatment for chronic lateral epicondylosis: a prospective randomized trial. J Shoulder Elbow Surg, 2010;19(6):917-922. PMID 20579907.
  7. Yao G, Chen J, Duan Y, Chen X. Efficacy of extracorporeal shock wave therapy for lateral epicondylitis: a systematic review and meta-analysis. Biomed Res Int, 2020;2020:2064781. PMID 32309425.

Études sur le PRP et la chirurgie

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  2. Gosens T, Peerbooms JC, van Laar W, den Oudsten BL. Ongoing positive effect of platelet-rich plasma versus corticosteroid injection in lateral epicondylitis: a double-blind randomized controlled trial with 2-year follow-up. Am J Sports Med, 2011;39(6):1200-1208. PMID 21422467.
  3. Mishra AK, Skrepnik NV, Edwards SG, et al. Efficacy of platelet-rich plasma for chronic tennis elbow: a double-blind, prospective, multicenter, randomized controlled trial of 230 patients. Am J Sports Med, 2014;42(2):463-471. PMID 23825183.
  4. Kroslak M, Murrell GAC. Surgical treatment of lateral epicondylitis: a prospective, randomized, double-blinded, placebo-controlled clinical trial. Am J Sports Med, 2018;46(5):1106-1113. PMID 29498885.
  5. INRS. Tableau n° 57 du régime général : affections périarticulaires provoquées par certains gestes et postures de travail. inrs.fr.
  6. Krogh TP, Fredberg U, Stengaard-Pedersen K, Christensen R, Jensen P, Ellingsen T. Treatment of lateral epicondylitis with platelet-rich plasma, glucocorticoid, or saline: a randomized, double-blind, placebo-controlled trial. Am J Sports Med, 2013;41(3):625-635. PMID 23328738.
  7. Linnanmäki L, Kanto K, Karjalainen T, Leppänen OV, Lehtinen J. Platelet-rich plasma or autologous blood do not reduce pain or improve function in patients with lateral epicondylitis: a randomized controlled trial. Clin Orthop Relat Res, 2020;478(8):1892-1900. PMID 32732573.