Hygroma du coude : causes, traitement et opération
Dr Alexandre Kilinc | Chirurgien du coude : bursite olécranienne, ponction, bursectomie et maladie professionnelle | Paris 16e et Quincy-sous-Sénart
Sommaire
L'essentiel en 30 secondes
- C'est quoi. Une poche de glissement sous-cutanée, en regard de la pointe du coude, qui se remplit de liquide. Elle ne communique pas avec l'articulation.
- Le coude bouge normalement. Une flexion ou une extension très limitées, ou une douleur articulaire profonde, orientent vers autre chose qu'un hygroma simple.
- Le tri essentiel. Rougeur étendue, chaleur marquée, fièvre, douleur intense, plaie ou égratignure récente en regard : ces signes font suspecter une forme infectée et imposent un avis rapide.
- Première intention. Suppression de l'appui, protection du coude, traitement anti-inflammatoire et compression. Le traitement non chirurgical guérit la majorité des formes non infectées.
- L'infiltration de corticoïde, après ponction, est un traitement efficace qui accélère la guérison lorsque l'hygroma persiste.
- La chirurgie (bursectomie) intervient après échec d'un traitement médical bien conduit, ou en cas d'infection non contrôlée.
- Travail. L'hygroma du coude figure au tableau 57 B des maladies professionnelles, sous deux formes : aiguë (délai de prise en charge 7 jours) et chronique (90 jours).
Cette page décrit les causes, les signes qui doivent alerter, les traitements non chirurgicaux, les indications de la chirurgie, et les conditions de reconnaissance en maladie professionnelle au titre du tableau 57 B.
Qu'est-ce qu'un hygroma du coude ?
Un hygroma du coude est le gonflement de la bourse séreuse olécranienne, une poche de glissement plate située entre la peau et la pointe de l'os du coude. Cette bourse se remplit de liquide, formant une boule molle, souvent indolore au repos, parfaitement visible de profil.
La bourse séreuse olécranienne est un coussin naturel. À l'état normal, elle est pratiquement virtuelle : deux feuillets séparés par quelques gouttes de liquide, qui permettent à la peau de glisser sur l'os lorsque le coude se plie. Elle est sous-cutanée : elle se situe entre la peau et l'olécrane, en dehors de l'articulation.
Cette position explique deux particularités cliniques.
- La mobilité du coude reste normale. Comme la bourse ne communique pas avec la cavité articulaire, la flexion et l'extension sont conservées dans un hygroma simple. Une gêne en flexion complète est fréquente — la boule est alors comprimée — mais ce n'est pas un blocage articulaire.
- La bourse est très exposée. Une seule épaisseur de peau la sépare de l'extérieur. Une égratignure, une piqûre ou une fissure cutanée suffit à faire entrer un germe. C'est la raison pour laquelle la proportion de formes infectées est élevée ici, bien plus que pour les kystes profonds.

La bourse séreuse olécranienne est sous-cutanée et ne communique pas avec l'articulation du coude.
Quelles sont les causes d'un hygroma du coude ?
Les causes d'un hygroma du coude sont dominées par l'appui répété ou prolongé sur la pointe du coude, qu'il soit professionnel, sportif ou postural. Viennent ensuite un traumatisme direct, une infection après effraction de la peau, et plus rarement une maladie rhumatologique comme la goutte.
1. L'appui prolongé — la cause la plus fréquente
C'est le mécanisme principal. L'hygroma touche nettement plus les hommes — environ 80 % des cas — entre 40 et 60 ans, avec une incidence annuelle d'au moins 10 cas pour 100 000 habitants. Le poids de l'exposition professionnelle apparaît nettement dans les séries : dans un travail portant sur des bursites infectées à staphylocoque doré, un appui professionnel sur la bourse était retrouvé chez 51 % des patients, et un traumatisme récent chez 23 %.
Les situations typiques :
- travail au sol ou en appui : carrelage, plomberie, maçonnerie, montage, mécanique, travail en rampant ;
- appui de bureau prolongé sur un plan dur, accoudoir rigide, volant ou portière pour les conducteurs ;
- sports au sol : lutte, judo, hockey sur gazon ou sur glace, volley ;
- appui du coude en fauteuil roulant ou en cas de béquillage prolongé.
2. Le traumatisme direct
Un choc sur la pointe du coude — chute, coup — peut provoquer un hygroma en quelques heures, parfois hémorragique. Un hygroma peut également apparaître dans les suites d'un traumatisme du coude plus sérieux, et accompagner une raideur du coude ou faire suite à une luxation du coude.
3. L'infection
Un germe pénètre par une effraction cutanée : égratignure, fissure, piqûre, lésion de grattage, parfois minime et passée inaperçue. Staphylococcus aureus est en cause dans 72 à 92 % des bursites infectées selon les séries. Un hygroma déjà existant est un terrain favorable : la poche distendue, mal vascularisée, se défend mal.
4. Les causes inflammatoires et métaboliques
La goutte, la chondrocalcinose et la polyarthrite rhumatoïde peuvent se manifester par un hygroma du coude, parfois révélateur. Dans la goutte, on peut percevoir des petits nodules fermes dans la paroi de la bourse (tophus). Ces formes sont souvent inflammatoires et ressemblent cliniquement à une infection — d'où l'intérêt de l'analyse du liquide.
Hygroma du coude infecté ou non infecté : comment faire la différence ?
Un hygroma du coude infecté associe typiquement une rougeur étendue, une chaleur locale nettement augmentée, une douleur spontanée, souvent une fièvre et une porte d'entrée cutanée. Aucun de ces signes n'est formel isolément : seule l'analyse du liquide ponctionné permet de trancher avec certitude.
Quand consulter sans attendre
Fièvre, rougeur qui s'étend au-delà de la boule, douleur intense ou pulsatile, traînée rouge remontant vers le bras, plaie ou égratignure récente en regard du coude, ou simple aggravation rapide en 24 à 48 heures : ces situations font suspecter une bursite infectée et justifient un avis médical le jour même. Une infection non traitée peut s'étendre aux tissus voisins.
Ne percez jamais vous-même un hygroma du coude. Le geste expose à l'introduction d'un germe et à une fistule — un petit trajet qui s'écoule et ne se referme pas.
| Élément | Plutôt non infecté | Plutôt infecté |
|---|---|---|
| Douleur | Absente ou modérée, surtout à l'appui | Spontanée, continue, souvent intense |
| Peau en regard | Normale ou discrètement rosée | Rouge, étendue au-delà de la boule (cellulite péri-bursale : jusqu'à 89 % des formes infectées) |
| Chaleur locale | Peu ou pas augmentée | Nettement augmentée : une différence de température de plus de 2,2 °C par rapport au coude opposé est un argument |
| Fièvre | Absente | Souvent présente (plus de 37,8 °C), mais inconstante : rapportée de 15 % à 86 % des cas selon les séries |
| Porte d'entrée cutanée | Absente | Égratignure, fissure, piqûre, lésion de grattage |
| Liquide ponctionné | Clair ou jaune citrin, parfois sanglant. Globules blancs le plus souvent inférieurs à 1 000/µL, à prédominance mononucléée | Trouble ou franchement purulent. Globules blancs élevés (seuil d'alerte 3 000/µL, souvent au-delà de 10 000/µL), polynucléaires au-delà de 50 %, glucose abaissé |
| Examen bactériologique | Négatif | Culture positive. L'examen direct (Gram) n'identifie le germe que dans 21 à 65 % des cas : un direct négatif n'élimine pas l'infection |
Un point à retenir. Une numération sanguine normale n'écarte pas une bursite infectée, et l'absence de fièvre non plus. C'est pourquoi la ponction, avec analyse cytologique et mise en culture, reste l'examen de référence devant le moindre doute.
À l'inverse, une poussée de goutte peut donner un tableau rouge, chaud et très douloureux, strictement identique à une infection. L'analyse du liquide — recherche de cristaux en plus de la culture — règle la question.
Comment se fait le diagnostic d'un hygroma du coude ?
Le diagnostic d'un hygroma du coude est clinique : une tuméfaction molle, bien limitée, à la pointe du coude, avec une mobilité articulaire conservée. L'échographie confirme le contenu liquidien. La ponction du liquide n'est pas systématique, mais s'impose dès qu'une infection est suspectée.
L'examen clinique
La consultation recherche la taille et la consistance de la tuméfaction, l'état de la peau, la température locale comparée au côté opposé, et surtout la mobilité du coude. Une flexion-extension conservée oriente vers un hygroma simple ; une limitation marquée ou un épanchement articulaire orientent vers une atteinte de l'articulation elle-même.
L'interrogatoire est déterminant : profession, gestes répétés, appui, antécédent de goutte ou de rhumatisme inflammatoire, traumatisme récent, plaie même minime.
L'échographie
C'est l'examen de première intention. Elle confirme que la masse est liquidienne, mesure son volume, montre l'épaississement de la paroi et les cloisons éventuelles, et apprécie le degré d'inflammation des tissus voisins. Elle permet aussi de distinguer l'hygroma d'autres tuméfactions du coude : lipome, nodule rhumatoïde, tophus goutteux.
La radiographie
Elle n'est pas systématique. Elle se justifie en cas de traumatisme, de doute sur une atteinte osseuse, ou devant un hygroma chronique récidivant — elle peut alors montrer une éperon osseux de la pointe de l'olécrane qui entretient le conflit sous la peau.
La ponction
Réalisée au cabinet dans des conditions d'asepsie stricte, avec une aiguille introduite à distance de la zone d'appui et par un trajet oblique — afin de limiter le risque de fistule — elle a deux rôles : évacuer le liquide, et surtout l'analyser. L'analyse comprend la numération cellulaire, la recherche de cristaux et la mise en culture.
Les données publiées sont rassurantes sur ce geste : dans une revue systématique portant sur 29 études et 1 278 patients, la ponction d'un hygroma non infecté n'augmentait pas le risque d'infection secondaire de la bourse.
Le bilan biologique
Numération sanguine, CRP et, selon le contexte, uricémie. Ces examens complètent l'orientation mais ne remplacent pas l'analyse du liquide.
Quel est le traitement d'un hygroma du coude non infecté ?
Le traitement d'un hygroma du coude non infecté est d'abord non chirurgical : suppression de l'appui, protection du coude, anti-inflammatoires et compression. Cette stratégie permet la guérison dans environ 8 cas sur 10. Si l'hygroma persiste, une ponction suivie d'une infiltration de corticoïde, réalisée en consultation, permet le plus souvent de le faire disparaître.
Supprimer la cause — l'étape qui conditionne tout le reste
Tant que l'appui persiste, l'hygroma se reconstitue. C'est le point le plus souvent négligé, et la première explication des récidives. Concrètement :
- identifier précisément le geste ou la posture en cause, au travail comme à la maison ;
- port d'une coudière de protection rembourrée pendant toute la période à risque ;
- adaptation du poste : tapis ou genouillères pour le travail au sol, accoudoir rembourré, rehausse du plan de travail ;
- pour les sportifs, protection du coude et adaptation temporaire des appuis.
Le traitement médical
Il associe le repos relatif du coude, des anti-inflammatoires non stéroïdiens en l'absence de contre-indication, du froid local, et une compression par bandage élastique — souvent sous-estimée alors qu'elle est l'un des éléments les plus efficaces.
Une revue systématique de 2023 portant sur 4 études et 181 patients donne les ordres de grandeur suivants pour les formes non infectées :
- compression et anti-inflammatoires seuls : 83 % de guérison (25 patients sur 30) ;
- ponction associée à la compression : 65 % (17 sur 26) ;
- ponction associée à une infiltration de corticoïde : 85 % (23 sur 27).
Les différences entre ces trois options n'étaient pas statistiquement significatives. Les trois options donnent de bons résultats : on commence par la plus simple, et l'infiltration prend le relais si l'hygroma persiste.
L'infiltration de corticoïde : un traitement efficace
Lorsque l'hygroma persiste malgré la suppression de l'appui et la compression, le Dr Kilinc propose une ponction suivie d'une infiltration de corticoïde. Ce geste simple, réalisé en consultation, donne de très bons résultats : environ 85 % de guérison dans les séries publiées, et une guérison plus rapide — 2,3 semaines en moyenne, contre un peu plus de 3 semaines sans corticoïde.
L'infiltration est réalisée après avoir écarté une infection, dans des conditions d'asepsie stricte, avec une aiguille introduite à distance de la zone d'appui. Ces précautions limitent les effets indésirables locaux, comme un amincissement de la peau en regard, qui sont expliqués avant le geste.
Que faire en cas d'hygroma du coude infecté ?
Un hygroma du coude infecté se traite par ponction-évacuation avec mise en culture, puis antibiothérapie adaptée au germe, le plus souvent pendant environ deux semaines. Les ponctions sont répétées si le liquide se reconstitue. Le drainage chirurgical est réservé aux formes qui ne répondent pas.
La prise en charge suit une progression stricte.
- Ponction-évacuation avec analyse cytologique, recherche de cristaux et mise en culture avec antibiogramme. Ce geste est à la fois diagnostique et thérapeutique.
- Antibiothérapie dirigée contre le staphylocoque doré, germe en cause dans la grande majorité des cas, puis adaptée au résultat de la culture. La durée habituelle est d'environ deux semaines, allongée chez les patients immunodéprimés ou diabétiques. Une forme sévère — fièvre élevée, cellulite étendue, retentissement général — relève d'un traitement par voie intraveineuse et d'une hospitalisation.
- Ponctions itératives si le liquide se reconstitue, jusqu'à assèchement.
- Drainage chirurgical en l'absence de réponse après au moins une ponction correctement réalisée, ou d'emblée devant un abcès collecté.
- Bursectomie en dernier recours, pour les infections qui résistent aux étapes précédentes.
L'ordre compte. Les données publiées montrent que la chirurgie d'emblée est moins efficace que le traitement médical pour obtenir la guérison, et qu'elle expose à davantage de complications — écoulement persistant et surinfection de la bourse en particulier. La chirurgie n'est donc pas une façon d'aller plus vite : c'est un recours.
Dans quels cas opérer un hygroma du coude ?
L'opération d'un hygroma du coude, ou bursectomie, s'envisage après échec d'un traitement non chirurgical bien conduit pendant plusieurs semaines, devant un hygroma volumineux et gênant, en cas de récidives répétées, ou lorsqu'une infection ne cède pas au traitement médical.
Les indications
- Échec du traitement médical : persistance au-delà de plusieurs semaines malgré suppression de l'appui, compression et anti-inflammatoires. Dans les séries chirurgicales publiées, le délai moyen entre le début du traitement conservateur et l'intervention est de l'ordre de 5 semaines.
- Gêne fonctionnelle : volume important, conflit permanent avec la peau, limitation de l'appui du coude dans le travail ou le quotidien.
- Récidives répétées, en particulier lorsqu'un éperon osseux de l'olécrane entretient le conflit — il est alors réséqué dans le même temps.
- Infection non contrôlée par les ponctions et les antibiotiques.
- Paroi épaissie et fibreuse, avec nodules intra-bursaux, sur un hygroma ancien.
La technique
L'intervention consiste à retirer la bourse malade dans sa totalité. Elle se réalise en ambulatoire, le plus souvent sous anesthésie locorégionale du membre supérieur.
Le Dr Kilinc réalise la bursectomie par voie postérieure, à ciel ouvert : la bourse est excisée en bloc, et l'éperon osseux de l'olécrane est réséqué dans le même temps s'il entretient le conflit.
Une voie endoscopique est également décrite dans la littérature : dans une série de 28 patients opérés par cette technique avec suture de compression, aucune récidive et aucune complication cicatricielle ou nerveuse n'ont été rapportées au recul moyen de 12 mois.
Les suites et les risques
Le point sensible de cette chirurgie est la cicatrisation cutanée. La peau à la pointe du coude est fine, mal vascularisée, et soumise à l'appui : c'est là que se concentrent les complications. Les suites comportent donc systématiquement un pansement compressif, une protection prolongée de l'appui, et une surveillance de la cicatrice.
Arrêt de travail : il est habituellement de 7 à 21 jours, selon le poste occupé et la cicatrisation. Un métier qui impose de prendre appui sur le coude demande une protection prolongée.
Les complications possibles, à connaître avant de décider :
- retard de cicatrisation ou désunion de la cicatrice ;
- écoulement persistant par la cicatrice ;
- infection du site opératoire ;
- récidive de l'hygroma ;
- zone d'insensibilité autour de la cicatrice, le plus souvent transitoire ;
- plus rarement, une raideur du coude en cas d'immobilisation prolongée — raison pour laquelle la mobilisation est reprise précocement.
C'est précisément parce que ces complications existent que la chirurgie n'est pas le premier traitement d'un hygroma du coude.
Comment éviter la récidive d'un hygroma du coude ?
Éviter la récidive d'un hygroma du coude repose sur la suppression durable de l'appui sur la pointe du coude : coudière de protection, adaptation du poste de travail et des gestes. Sans cette correction, le liquide se reconstitue quel que soit le traitement réalisé.
Les taux de récidive après traitement non chirurgical sont de l'ordre de 8 à 14 % dans les cohortes publiées, le plus souvent sous forme d'un gonflement indolore spontanément résolutif. Mais ces chiffres concernent des patients dont l'exposition a été corrigée.
Les mesures utiles :
- Coudière rembourrée dès la reprise de l'activité à risque, et aussi longtemps que cette activité dure.
- Aménagement du poste : tapis de sol ou protections pour le travail à genoux et en appui, accoudoirs rembourrés, hauteur de plan de travail adaptée, alternance des postures.
- Surveillance de la peau : toute égratignure ou fissure en regard du coude doit être désinfectée et surveillée, car c'est la porte d'entrée des formes infectées.
- Prise en charge d'une cause générale : équilibre d'une goutte, suivi d'un rhumatisme inflammatoire.
Lorsque l'exposition est professionnelle, ces adaptations relèvent d'un échange avec le médecin du travail. C'est l'un des axes de travail du Réseau Prévention Main Île-de-France.
Hygroma du coude et maladie professionnelle : le tableau 57 B
L'hygroma du coude figure au tableau 57 B des maladies professionnelles du régime général, sous deux formes distinctes : l'hygroma aigu, avec un délai de prise en charge de 7 jours, et l'hygroma chronique, avec un délai de 90 jours. Le travail reconnu est l'appui prolongé sur la face postérieure du coude.
Le tableau 57 regroupe les affections périarticulaires provoquées par certains gestes et postures de travail. Sa partie B concerne le coude. L'hygroma y figure sous l'intitulé officiel : « épanchement des bourses séreuses ou atteintes inflammatoires des tissus sous-cutanés des zones d'appui du coude ».
| Critère | Hygroma aigu | Hygroma chronique |
|---|---|---|
| Désignation au tableau 57 B | Épanchement des bourses séreuses ou atteintes inflammatoires des tissus sous-cutanés des zones d'appui du coude | Même désignation |
| Délai de prise en charge | 7 jours | 90 jours |
| Durée minimale d'exposition | Non exigée | Non exigée |
| Travaux (liste limitative) | Travaux comportant habituellement un appui prolongé sur la face postérieure du coude | Travaux comportant habituellement un appui prolongé sur la face postérieure du coude |
Ce que signifie le « délai de prise en charge ». C'est le temps maximal admis entre la fin de l'exposition au risque et la première constatation médicale de la maladie. Pour un hygroma aigu, ce délai est très court — 7 jours — ce qui rend la date de première constatation médicale déterminante. Pour la forme chronique, il est de 90 jours. En pratique, faire constater la lésion rapidement est ce qui conditionne la recevabilité du dossier.
La démarche, étape par étape
- Le certificat médical initial (CMI) est établi par un médecin — généraliste ou spécialiste — sur le formulaire Cerfa n° 11138. Il décrit la maladie et mentionne la date de première constatation médicale.
- La déclaration de maladie professionnelle est remplie et envoyée par le salarié lui-même, sur le formulaire Cerfa n° 16130, accompagnée des volets 1 et 2 du certificat médical initial, à sa caisse primaire d'assurance maladie.
- L'employeur est informé par la caisse, qui dispose d'un délai d'instruction pour se prononcer.
- Si l'un des critères du tableau n'est pas rempli — délai dépassé, travaux ne correspondant pas exactement à la liste — le dossier peut être examiné par le comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles (CRRMP), à condition d'un lien direct et essentiel avec le travail habituel.
Une précision utile : le tableau 57 B contient également la compression du nerf ulnaire au coude, dont l'appui prolongé sur la face postérieure du coude est aussi un facteur reconnu, et les tendinopathies épicondyliennes. Une même exposition professionnelle peut donc concerner plusieurs lignes du tableau.
Consulter pour un hygroma du coude à Paris ou en Essonne
Une boule à la pointe du coude qui persiste, qui gêne l'appui, qui revient après avoir disparu, ou qui devient rouge et douloureuse, mérite un examen. La consultation précise s'il s'agit bien d'un hygroma du coude, écarte une forme infectée, recherche la cause — et surtout identifie le geste ou l'appui à corriger, sans quoi aucun traitement ne tient dans la durée.
Le Dr Alexandre Kilinc, chirurgien orthopédiste spécialisé dans le membre supérieur, reçoit à Paris 16e et à Quincy-sous-Sénart pour l'ensemble des pathologies du coude.
Apportez à la consultation : les examens d'imagerie déjà réalisés, les résultats de biologie si une ponction a déjà eu lieu, et une description précise de votre activité professionnelle et des gestes concernés.
Questions fréquentes sur l'hygroma du coude
Un hygroma du coude peut-il disparaître tout seul ?
Oui, c'est même l'évolution la plus fréquente lorsque la cause disparaît. Dans une étude comparative, la compression associée à des anti-inflammatoires, sans aucun geste invasif, a permis la guérison de 83 % des hygromas non infectés. La condition est de supprimer l'appui qui entretient le gonflement. En revanche, un hygroma rouge, chaud et douloureux ne disparaîtra pas seul : il doit être examiné rapidement.
Faut-il ponctionner un hygroma du coude ?
La ponction n'est pas systématique dans un hygroma du coude non infecté : elle n'améliore pas les résultats par rapport à la compression seule, et le liquide se reconstitue souvent si la cause persiste. Elle devient en revanche indispensable dès qu'une infection est suspectée, car l'analyse du liquide est le seul examen qui tranche avec certitude. Réalisée dans de bonnes conditions, elle n'augmente pas le risque d'infecter la bourse.
Une infiltration de corticoïde est-elle conseillée ?
Oui, lorsque l'hygroma persiste malgré la suppression de l'appui et la compression. La ponction suivie d'une infiltration de corticoïde est un geste simple, réalisé en consultation, qui accélère nettement la guérison. Elle est faite après avoir écarté une infection, dans des conditions d'asepsie stricte.
Comment savoir si mon hygroma du coude est infecté ?
Les signes qui orientent vers un hygroma du coude infecté sont une rougeur qui dépasse la boule, une chaleur locale nettement augmentée, une douleur spontanée et intense, de la fièvre, et une plaie ou une égratignure récente en regard du coude. Aucun de ces signes n'est formel isolément : la fièvre manque dans une part importante des cas, et une prise de sang normale n'écarte pas l'infection. Seule l'analyse du liquide ponctionné permet d'affirmer le diagnostic.
L'hygroma du coude est-il reconnu comme maladie professionnelle ?
Oui. L'hygroma du coude figure au tableau 57 B des maladies professionnelles du régime général, sous deux formes : aiguë, avec un délai de prise en charge de 7 jours, et chronique, avec un délai de 90 jours. Les travaux reconnus sont ceux comportant habituellement un appui prolongé sur la face postérieure du coude. Le certificat médical initial est rédigé par un médecin sur le formulaire Cerfa n° 11138 ; la déclaration est ensuite envoyée à la caisse primaire par le salarié lui-même, sur le formulaire Cerfa n° 16130.
Combien de temps faut-il arrêter le travail après une opération ?
La durée d'arrêt après une opération d'hygroma du coude dépend de la technique, de la cicatrisation et surtout du poste occupé. Le facteur limitant n'est pas la mobilité du coude, qui est récupérée rapidement, mais la cicatrisation de la peau et la reprise de l'appui : un métier qui impose de prendre appui sur le coude nécessite une protection prolongée. En pratique, l'arrêt de travail est le plus souvent de 7 à 21 jours ; la durée exacte est fixée au cas par cas lors de la consultation postopératoire.
Que se passe-t-il si je laisse évoluer un hygroma sans rien faire ?
Un hygroma du coude laissé en place sans correction de l'appui tend à s'épaissir : la paroi devient fibreuse, des nodules peuvent apparaître à l'intérieur, et la gêne devient permanente. Le risque principal reste cependant l'infection, car la peau distendue à la pointe du coude est fragile et toute effraction cutanée ouvre la porte à un germe. Un hygroma chronique répond moins bien au traitement non chirurgical qu'un hygroma récent.
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- Institut national de recherche et de sécurité (INRS). Tableau n° 57 du régime général — Affections périarticulaires provoquées par certains gestes et postures de travail, partie B : coude. Consulter le tableau
- Code de la sécurité sociale, articles L.461-1 et suivants — reconnaissance des maladies professionnelles et comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles (CRRMP).
Où consulter un chirurgien du coude pour un hygroma du coude à Paris ?
- Paris 16e : Institut Main Épaule Jouvenet, Clinique Jouvenet, 6 square Jouvenet, 75016 Paris. Tél. 01 42 15 42 31.
- Essonne (91) : Centre Épaule Main Grand Paris Sud et SOS Main Quincy. Consultations au centre Galien 2, 22 rue des Deux-Communes, 91480 Quincy-sous-Sénart. Tél. 01 69 39 96 97. Interventions à l’Hôpital Privé Claude Galien.
Le Dr Kilinc est chirurgien de la main et de l’épaule à Paris 16e et à Quincy-sous-Sénart. Pour prendre rendez-vous en ligne ou poser une question avant la consultation, contactez le Dr Kilinc.
Page rédigée et médicalement révisée le 8 octobre 2026 par le Dr Alexandre Kilinc. Cette page a une vocation d'information et ne remplace pas une consultation médicale.

