Prothèse RCPI en pyrocarbone du poignet : une option dans les arthroses SLAC, SNAC et SCAC

Dr Alexandre Kilinc | Chirurgien de la main : prothèse RCPI, carpectomie proximale, arthrose SLAC, SNAC et SCAC | Paris 16e et Quincy-sous-Sénart

Prothèse RCPI en pyrocarbone sur le capitatum après résection de la première rangée du carpe
Quand l'arthrose du poignet devient invalidante, la prothèse RCPI (Resurfacing Capitate Pyrocarbon Implant) est une option. Ce petit implant en pyrocarbone recouvre la tête du grand os (capitatum), le plus souvent après résection de la première rangée du carpe, pour soulager la douleur en conservant une partie de la mobilité dans certaines arthroses SLAC, SNAC ou SCAC. Voir aussi : comprendre l'arthrose du poignet. [1–3]

Sommaire

L'essentiel

  • La RCPI est un implant en pyrocarbone qui recouvre la tête du capitatum, posé le plus souvent après résection de la première rangée du carpe.
  • Objectif : diminuer la douleur en conservant une mobilité utile dans certaines arthroses SLAC, SNAC ou SCAC.
  • Elle se discute surtout quand la tête du capitatum est usée, ce qui rendrait une résection simple insuffisante.
  • Ce n'est pas une prothèse totale du poignet, et le sigle SLAC, SNAC ou SCAC ne suffit pas à poser l'indication.
  • Les résultats publiés sont encourageants en moyenne, mais des reprises existent et le recul à long terme reste limité.

Qu'est-ce qu'une prothèse RCPI du poignet ?

La prothèse RCPI est un implant en pyrocarbone qui recouvre la tête du grand os (capitatum). Elle est le plus souvent associée à l'ablation de la première rangée du carpe. Elle peut alors préserver une mobilité du poignet dans certaines arthroses SLAC, SNAC ou SCAC. Son indication dépend de la douleur, des radiographies et de l'état des surfaces articulaires ; elle ne remplace pas toutes les autres opérations.

Le poignet unit l'extrémité du radius aux os du carpe. La première rangée comprend le scaphoïde, le lunatum et le triquetrum. Lors d'une résection de cette rangée, ces trois os sont retirés : le capitatum vient alors s'articuler avec le radius. Cette opération seule suppose que les surfaces qui vont entrer en contact soient suffisamment préservées, notamment la tête du capitatum et la fossette lunaire du radius. Cette résection est aussi appelée carpectomie proximale (RPRC, ou proximal row carpectomy en anglais). [2, 3]

Quand le cartilage de la tête du capitatum est abîmé, un resurfaçage par RCPI peut être discuté dans des situations sélectionnées. L'implant coiffant le capitatum crée une nouvelle surface de contact après la résection. Il ne remplace ni l'ensemble du poignet ni toutes les surfaces du radius : il s'agit d'un geste localisé, fréquemment associé à une autre opération. Le chirurgien doit vérifier l'état du radius, la stabilité résiduelle et les besoins du patient. Une usure trop étendue peut conduire à une autre solution. [2–4]

Pourquoi le pyrocarbone ?

Le pyrocarbone est un carbone pyrolytique. Son élasticité est proche de celle de l'os et sa surface, très lisse, use peu le cartilage en face. C'est pour cela qu'on l'utilise dans des implants de resurfaçage au contact du cartilage, au poignet comme au pouce ou aux doigts.

Après résection du scaphoïde, du lunatum et du triquetrum, l'implant RCPI coiffe la tête du capitatum, qui s'articule avec le radius.

SLAC, SNAC et SCAC : pourquoi ces poignets s'usent-ils ?

Ce sont trois formes d'arthrose du poignet par désorganisation du carpe. Elles suivent une lésion ancienne du ligament scapholunaire (SLAC), une fracture du scaphoïde non consolidée (SNAC) ou une chondrocalcinose (SCAC). Le sigle seul ne suffit pas à poser l'indication d'une RCPI.

Dans un poignet SLAC (scapholunate advanced collapse), une lésion ancienne du ligament scapholunaire peut désorganiser les mouvements des os du carpe et favoriser une usure progressive. Dans un poignet SNAC (scaphoid nonunion advanced collapse), le problème initial est une fracture du scaphoïde qui n'a pas consolidé. Les deux mécanismes aboutissent à des répartitions anormales des contraintes, mais leurs images radiographiques et leurs possibilités de traitement diffèrent selon le stade. [1]

SCAC (scaphoid chondrocalcinosis advanced collapse) désigne une forme de désorganisation du carpe liée à la chondrocalcinose. Elle peut ressembler radiologiquement à un SLAC ; l'histoire du patient et l'analyse des clichés aident à faire la différence. La présence des mots SLAC, SNAC ou SCAC sur un compte rendu n'est pas, à elle seule, une indication de RCPI. Ce sont surtout le siège de la douleur, l'étendue de l'usure et le cartilage restant qui guident la décision. [1, 5]

Dans quels cas envisager l'implant en pyrocarbone ?

La RCPI se discute quand la douleur persiste malgré une prise en charge adaptée et que la tête du capitatum est usée. Une résection simple laisserait alors des surfaces abîmées en contact. Une articulation fonctionnelle avec le radius doit rester plausible : la décision n'est jamais automatique.

La discussion commence lorsque la douleur persiste malgré une prise en charge adaptée : adaptation des activités, orthèse, antalgiques et parfois infiltration selon la situation. La gêne pour porter, saisir, travailler ou pratiquer un loisir compte davantage qu'une radiographie impressionnante chez une personne peu gênée. L'examen compare la mobilité, la force, la localisation de la douleur et les attentes fonctionnelles. [1]

Des radiographies du poignet permettent d'identifier le type d'effondrement et la localisation de l'arthrose. Un scanner ou d'autres examens peuvent être demandés si les clichés ne suffisent pas à évaluer les surfaces articulaires ou à préparer l'opération. L'état réel du cartilage peut aussi être précisé pendant l'intervention. Une RCPI est surtout discutée quand la résection seule laisserait en contact des surfaces usées. C'est en particulier le cas si la tête du capitatum est atteinte. La possibilité d'une articulation fonctionnelle avec le radius doit néanmoins rester plausible ; la décision n'est jamais automatique. [2–4]

Dans les formes de chondrocalcinose, la répartition de l'usure varie. Les données spécifiques à la RCPI dans les poignets SCAC sont moins nombreuses que celles sur les SLAC et SNAC. Il faut donc éviter de déduire de la seule étiquette « SCAC » que le même geste sera adapté à tous les stades. [3–5]

RCPI, résection simple ou arthrodèse : comment choisir ?

Le choix dépend du cartilage restant, de la répartition de l'arthrose, de la qualité osseuse, de la demande de force et des activités. Résection simple, RCPI, arthrodèse partielle ou totale ont chacune leurs indications : aucune intervention n'est idéale pour tous.

Intervention Principe Quand elle se discute
Résection de la première rangée seule Ablation du scaphoïde, du lunatum et du triquetrum ; le capitatum s'articule avec le radius Tête du capitatum et fossette lunaire du radius préservées
Résection + RCPI Même résection, avec un implant en pyrocarbone qui coiffe le capitatum Tête du capitatum usée, articulation avec le radius encore plausible
Arthrodèse partielle (quatre os) Fusion de certaines articulations du carpe, conserve une part de mobilité Selon la répartition de l'arthrose et les contraintes mécaniques
Arthrodèse totale Blocage du poignet Arthrose étendue, gestes conservant le mouvement peu adaptés
Prothèse totale du poignet Remplacement d'une plus grande partie de l'articulation Stratégie différente, avec ses propres indications et limites

Une résection de la première rangée du carpe sans implant peut être proposée si la tête du capitatum et la fossette lunaire du radius offrent une articulation satisfaisante. Ajouter une RCPI n'a pas vocation à devenir systématique. Une arthrodèse partielle, notamment des quatre os, fusionne certaines articulations du carpe. Elle conserve une part de mobilité. Elle peut être préférable selon la répartition de l'arthrose et les contraintes mécaniques. Une arthrodèse totale bloque le poignet mais peut soulager une arthrose étendue lorsque les gestes conservant le mouvement paraissent peu adaptés. Une prothèse totale du poignet relève encore d'une autre stratégie, avec ses propres indications et limites. [1–4]

Il n'existe pas une intervention idéale pour tous. La qualité osseuse, le cartilage du radius, l'âge physiologique, la demande de force, les gestes professionnels, les opérations antérieures et l'acceptation d'un risque de reprise influencent le choix. L'objectif est de rechercher un compromis raisonnable entre diminution de la douleur, mobilité utile et résistance aux efforts, après une discussion personnalisée.

Comment se déroule l'opération et quelles sont les suites ?

Le chirurgien retire la première rangée du carpe, prépare le capitatum et y fixe l'implant de resurfaçage, puis vérifie le positionnement et la mobilité. Les suites associent une protection temporaire du poignet et une rééducation progressive, selon un calendrier individualisé.

Dans la technique le plus souvent décrite, le chirurgien retire la première rangée du carpe, prépare le capitatum et y fixe l'implant de resurfaçage. Il vérifie ensuite le positionnement et la mobilité du poignet. Les gestes associés dépendent de l'anatomie et de la stratégie retenue. Les modalités d'anesthésie, de séjour et d'immobilisation sont décidées avec l'équipe pour chaque cas. Elles ne dépendent pas de la seule présence d'une RCPI. [2, 3]

Après l'intervention, un pansement et souvent une protection temporaire du poignet accompagnent la cicatrisation. Une rééducation progressive vise à retrouver des gestes utiles et à reprendre la charge avec prudence. Le calendrier varie selon les tissus, le geste complet, l'évolution de la douleur et le travail exercé. Un métier exigeant des charges ou des impacts répétés demande une discussion spécifique. Les consultations et radiographies de contrôle servent à suivre l'implant et l'évolution de l'articulation. La récupération ne se résume pas à une date unique de reprise du sport ou du travail.

Quels résultats et quels risques faut-il connaître ?

En moyenne, les séries publiées rapportent moins de douleur et une meilleure mobilité à deux ans. Des reprises surviennent toutefois, et le recul à long terme reste limité. Les risques comprennent infection, raideur, douleurs persistantes, déplacement de l'implant et reprise chirurgicale, parfois par arthrodèse.

Une série rétrospective de 112 patients opérés par résection de la première rangée et RCPI a été publiée. À deux ans, la douleur avait diminué en moyenne, et la mobilité comme la force s'étaient améliorées. Dix patients ont toutefois eu besoin d'une intervention supplémentaire pendant le suivi. Il s'agit de résultats de groupe, qui ne prédisent pas ceux d'un patient donné. Une autre série de 46 patients a retrouvé des reprises chirurgicales, dont des arthrodèses, illustrant la possibilité d'échec malgré une sélection initiale. [2, 6]

Une revue avec méta-analyse a comparé la résection seule à la résection associée à une RCPI. Elle regroupait surtout des études non randomisées. Les poignets traités par RCPI y étaient bien moins nombreux. Certains scores déclarés par les patients semblaient favorables à l'implant, sans preuve solide de supériorité pour chaque profil. Le recul à très long terme et les données comparatives restent limités. [3, 4]

Comme pour toute chirurgie du poignet, les risques comprennent infection, problème de cicatrisation, raideur, douleurs persistantes et syndrome douloureux régional complexe. Selon les cas, l'implant peut se déplacer ou nécessiter une reprise. Une usure articulaire évolutive ou une douleur résiduelle peut aussi conduire à une autre opération, parfois une arthrodèse. Le bénéfice attendu et les risques sont à apprécier en fonction des images, de la situation clinique et des activités envisagées. [2, 6]

Consulter un chirurgien de la main à Paris pour une arthrose du poignet

Une douleur persistante du poignet justifie un bilan spécialisé. C'est le cas après une ancienne fracture du scaphoïde ou une lésion ligamentaire, ou en cas de chondrocalcinose. Il permet de nommer le mécanisme de l'usure et de comparer les traitements possibles, dont la RCPI.

Le Dr Alexandre Kilinc, chirurgien de la main, consulte à la Clinique Jouvenet, Paris 16, et à Quincy-sous-Sénart. La consultation permet de relire les examens, de discuter la place éventuelle d'une RCPI en pyrocarbone et d'expliquer les alternatives adaptées à votre poignet.

Ce qu'il faut apporter en consultation

  • Les radiographies du poignet et, s'ils ont été réalisés, le scanner ou l'IRM, avec les images.
  • Les comptes rendus des opérations ou traitements antérieurs du poignet.
  • La description de vos gestes professionnels et loisirs qui sollicitent le poignet.

À savoir. Cette page informe sur une technique ; elle ne remplace pas l'évaluation individuelle. Le choix entre résection simple, RCPI, arthrodèse ou prothèse totale se fait après examen clinique et analyse des images de votre poignet.

Questions fréquentes sur la prothèse RCPI

La RCPI est-elle une prothèse totale du poignet ?

Non. Elle recouvre la tête du capitatum, le plus souvent après résection de la première rangée du carpe. Une prothèse totale remplace une plus grande partie de l'articulation.

Une arthrose SLAC ou SNAC impose-t-elle un implant en pyrocarbone ?

Non. Le stade, les surfaces articulaires conservées, la douleur et les besoins de la personne orientent vers une résection simple, une RCPI, une arthrodèse ou une autre prise en charge.

Une RCPI convient-elle à un poignet SCAC lié à la chondrocalcinose ?

Elle peut être discutée dans certains cas, après analyse du cartilage et des contraintes. Les données propres au SCAC sont limitées et ne justifient pas une indication systématique.

Peut-on encore bouger le poignet après cette opération ?

L'intervention vise à conserver une mobilité utile, généralement inférieure à celle d'un poignet sain. L'amplitude finale et la force varient d'une personne à l'autre.

Combien de temps faut-il pour reprendre le travail ?

Il n'y a pas de délai valable pour tous. Le geste réalisé, la cicatrisation, la rééducation et les charges imposées par le métier déterminent la reprise avec le chirurgien.

Qu'est-ce que le pyrocarbone et pourquoi l'utiliser au poignet ?

Le pyrocarbone est un carbone pyrolytique dont l'élasticité est proche de celle de l'os. Sa surface très lisse use peu le cartilage en face. Il est donc adapté à un implant de resurfaçage comme la RCPI, qui s'articule avec le radius.

Combien de temps dure une prothèse RCPI ?

Le recul publié est surtout à moyen terme et la durée de vie à très long terme n'est pas encore connue. Des consultations et radiographies régulières permettent de surveiller l'implant et le radius. En cas d'échec, une reprise reste possible, souvent par arthrodèse.

Quelle différence entre une RCPI et une arthrodèse des quatre os ?

La RCPI retire la première rangée du carpe et recouvre le capitatum d'un implant. L'arthrodèse des quatre os retire le scaphoïde et fusionne les autres os du carpe, sans implant articulaire. Les deux conservent une part de mobilité ; le choix dépend du cartilage restant et des efforts demandés au poignet.

Où consulter pour une prothèse RCPI du poignet en Île-de-France ?

Le Dr Alexandre Kilinc, chirurgien de la main, consulte à l'Institut Main Épaule Jouvenet (Clinique Jouvenet, Paris 16e) et au Centre Épaule Main Grand Paris Sud à Quincy-sous-Sénart (Essonne). La consultation sert à relire les radiographies et à comparer RCPI, résection simple et arthrodèse.

Références médicales et institutionnelles

  1. Hospices Civils de Lyon. Arthrose du poignet (SNAC, SLAC), fiche santé. chu-lyon.fr
  2. Marcuzzi A, et al. The use of resurfacing capitate pyrocarbon implants (RCPI) in chronic diseases of the wrist: outcomes of more than 100 cases. Musculoskelet Surg. 2024;108:367-371. PubMed
  3. Hones KM, et al. Proximal row carpectomy with and without capitate resurfacing: a preliminary systematic review and meta-analysis. JBJS Rev. 2024;12(4):e24.00025. PubMed
  4. Rooney A, Maling LC. The use of a resurfacing capitate pyrocarbon implant in conjunction with a proximal row carpectomy: a systematic review. J Wrist Surg. 2025;14(5):478-485. PubMed
  5. Laulan J, et al. Arthrose non traumatique du poignet : la chondrocalcinose. Chir Main. 2003;22:285-292. EM-Consulte
  6. Andrews SA, et al. Midterm clinical outcomes of a resurfacing capitate pyrocarbon implant: a case series. J Wrist Surg. 2025;14:539-545. PubMed

Adresses de consultation pour une prothèse RCPI : Paris 16e et Quincy-sous-Sénart

  • Paris 16e : Institut Main Épaule Jouvenet, Clinique Jouvenet, 6 square Jouvenet, 75016 Paris. Tél. 01 42 15 42 31.
  • Essonne (91) : Centre Épaule Main Grand Paris Sud et SOS Main Quincy. Consultations au centre Galien 2, 22 rue des Deux-Communes, 91480 Quincy-sous-Sénart. Tél. 01 69 39 96 97. Interventions à l’Hôpital Privé Claude Galien.

Le Dr Kilinc est chirurgien de la main et de l’épaule à Paris 16e et à Quincy-sous-Sénart. Pour prendre rendez-vous en ligne ou poser une question avant la consultation, contactez le Dr Kilinc.

Page rédigée et médicalement révisée le 8 octobre 2026 par le Dr Alexandre Kilinc. Cette page a une vocation d'information et ne remplace pas une consultation médicale.