Arthrose du poignet : SLAC, SNAC, traitements et chirurgie

Dr Alexandre Kilinc | Chirurgien de la main : arthrose du poignet, carpectomie proximale, arthrodèse et prothèse | Paris 16e et Quincy-sous-Sénart

Radiographie de face d'un poignet atteint d'arthrose
En bref
L'arthrose du poignet est l'usure du cartilage des os du carpe et de l'extrémité du radius. Contrairement à la hanche ou au genou, elle est le plus souvent post-traumatique : rupture ancienne du ligament scapho-lunaire (SLAC) ou fracture du scaphoïde non consolidée (SNAC), plus rarement chondrocalcinose (SCAC). Elle progresse ensuite par stades prévisibles, visibles sur la radiographie. Le traitement commence d'abord par une attelle et, si besoin, une infiltration. Lorsque la douleur persiste, la chirurgie (dénervation, carpectomie proximale, arthrodèse partielle ou totale, prothèse) est choisie selon le stade, l'âge et les activités.

Sommaire

Qu'est-ce que l'arthrose du poignet ?

Rédigé et relu par le Dr Alexandre Kilinc, chirurgien de la main — mis à jour le 27 septembre 2026.

L'arthrose du poignet correspond en fait à l'usure progressive du cartilage qui recouvre les os du carpe (les huit petits os du poignet) et l'extrémité inférieure du radius. Le cartilage détruit ne se reconstitue pas : la douleur, la raideur et la perte de force s'installent donc au fil des années.

Une arthrose le plus souvent post-traumatique

Contrairement à l'arthrose de la hanche ou du genou, souvent liée au vieillissement, l'arthrose du poignet fait dans la grande majorité des cas suite à un traumatisme ancien. En effet, les os du carpe s'articulent entre eux de façon très précise, maintenus par de puissants ligaments. Lorsqu'une entorse grave ou une fracture rompt cet équilibre, les os se déplacent anormalement et les surfaces articulaires frottent là où elles ne devraient pas. Le cartilage s'use alors selon des schémas évolutifs précis et prévisibles, désignés par les acronymes SLAC, SNAC et SCAC. [1, 2]

Autres formes d'arthrose du poignet

L'arthrose peut aussi toucher l'articulation radio-carpienne après une fracture de l'extrémité inférieure du radius consolidée avec une marche d'escalier articulaire, compliquer une maladie de Kienböck (nécrose du lunatum), atteindre l'articulation scapho-trapézo-trapézoïdienne (souvent associée à une rhizarthrose du pouce) ou l'articulation radio-ulnaire distale. Les rhumatismes inflammatoires, comme la polyarthrite rhumatoïde, détruisent également le poignet selon leurs propres mécanismes.

SLAC, SNAC et SCAC : les trois schémas évolutifs

SLAC · Scapho-Lunate Advanced Collapse

Forme la plus fréquente. Elle fait suite à une rupture non traitée du ligament scapho-lunaire : le scaphoïde bascule alors et entre en conflit avec le radius. [1]

Classification de Watson

  • Stade 1 : styloïde radiale et pôle distal du scaphoïde
  • Puis stade 2 : toute la fossette radio-scaphoïdienne
  • Ensuite stade 3 : articulation médio-carpienne (capitatum-lunatum)
  • Enfin stade 4 : pan-arthrose du poignet

SNAC · Scaphoid Non-union Advanced Collapse

Conséquence d'une pseudarthrose du scaphoïde (fracture non consolidée). Le fragment distal bascule puis frotte contre le radius. [2]

Stades évolutifs

  • Stade 1 : styloïde radiale et fragment distal du scaphoïde
  • Puis stade 2 : articulation scapho-capitale
  • Ensuite stade 3 : articulation luno-capitale
  • Enfin stade 4 (décrit par certains auteurs) : pan-arthrose

SCAC · Scaphoid Chondrocalcinosis Advanced Collapse

Forme plus rare, non traumatique : les dépôts de cristaux de pyrophosphate de calcium (chondrocalcinose) fragilisent puis rompent le ligament scapho-lunaire.

Particularités

  • Origine métabolique
  • Souvent bilatérale
  • Sujet plus âgé, souvent après 65 ans
  • Évolution proche du SLAC

Point clé : en effet, dans le SLAC et le SNAC, l'articulation entre le radius et le lunatum (fossette radio-lunaire) reste longtemps épargnée. C'est donc cette préservation qui permet de proposer des chirurgies conservant une partie de la mobilité et de retarder, voire d'éviter, l'arthrodèse totale du poignet.

Comparatif SLAC, SNAC et SCAC

L'évolution finale est proche, mais l'origine et le profil des patients diffèrent selon le type d'arthrose.

Critère SLAC SNAC SCAC
Cause initiale Rupture du ligament scapho-lunaire Pseudarthrose du scaphoïde Chondrocalcinose (microcristaux)
Mécanisme Traumatique (entorse grave) Traumatique (fracture non consolidée) Métabolique, dégénératif
Fréquence La plus fréquente Fréquente Plus rare
Délai d’apparition Souvent 10 à 20 ans après l’entorse Souvent 5 à 10 ans ou plus après la fracture Sujet âgé
Classification Watson (4 stades) Stades évolutifs (3 à 4 stades) Proche du SLAC
Fossette radio-lunaire Longtemps épargnée Longtemps épargnée Longtemps épargnée
Bilan général Non Non Oui (recherche de chondrocalcinose)

Symptômes de l'arthrose du poignet

L'arthrose du poignet évolue d'abord à bas bruit pendant des années avant de devenir gênante. Il s'écoule ainsi souvent 10 à 20 ans entre le traumatisme initial, parfois oublié ou considéré comme une « simple entorse », et les premières douleurs invalidantes.

Douleur mécanique
Au dos du poignet, souvent côté pouce ; déclenchée notamment par l'effort, le port de charges ou les mouvements extrêmes.

Douleur nocturne
Lors des poussées inflammatoires, la douleur peut alors réveiller la nuit, avec un dérouillage matinal difficile.

Perte de force
Diminution de la force de serrage (par exemple serrer une main, ouvrir un bocal), souvent par inhibition douloureuse.

Raideur progressive
Perte d'amplitude, notamment en extension : difficile de s'appuyer main à plat ou de faire des pompes.

Gonflement
Tuméfaction au dos du poignet, liée notamment à un épanchement articulaire ou à des ostéophytes.

Craquements
Ressaut, grincement ou craquement, notamment lors des mouvements du poignet.

Diagnostic : radiographie, arthroscanner et IRM

Le diagnostic repose d'abord sur l'examen clinique et se confirme ensuite par des radiographies standard de face et de profil, qui montrent les signes de l'arthrose et permettent de préciser le stade (classification de Watson pour le SLAC, stades du SNAC) [1–3] :

  • pincement de l'interligne articulaire ;
  • ostéophytes (« becs de perroquet ») ;
  • géodes sous-chondrales et condensation de l'os (sclérose) ;
  • pseudarthrose visible du scaphoïde dans le SNAC ;
  • écart scapho-lunaire et bascule du lunatum (DISI) dans le SLAC.

Arthroscanner et IRM : quand sont-ils utiles ?

L'arthroscanner est l'examen de choix pour cartographier les zones de cartilage usées et celles encore saines, en particulier la tête du capitatum et la fossette radio-lunaire : c'est lui qui guide le choix entre les chirurgies conservatrices. L'IRM est en revanche surtout utile aux stades précoces, pour apprécier la vitalité du scaphoïde (nécrose) ou l'état des ligaments avant que l'arthrose ne soit visible. Un bilan biologique n'est demandé qu'en cas de suspicion de chondrocalcinose (SCAC) ou de rhumatisme inflammatoire.

Radiographies de face et de profil d'un poignet arthrosique

Radiographies de face et de profil d’un poignet arthrosique (iconographie Dr Kilinc).

Coupe coronale d'arthroscanner du poignet montrant l'usure du cartilage du carpe

Arthroscanner : cartographie précise du cartilage restant (iconographie Dr Kilinc).

IRM du poignet en coupes coronales

IRM du poignet : vitalité osseuse et état des ligaments (iconographie Dr Kilinc).

Les différents traitements de l'arthrose du poignet

Le traitement commence ainsi toujours par des mesures non chirurgicales. Si la douleur reste invalidante malgré un traitement bien conduit, le choix de l'intervention dépend du stade de l'arthrose, de l'état du cartilage restant, de l'âge, du métier et des attentes du patient. L'objectif est donc de supprimer la douleur en conservant le maximum de mobilité et de force.

Traitement 1 · en première intention

Arthrose du poignet : traitement sans chirurgie

Le traitement médical soulage la douleur mais ne répare pas le cartilage détruit. Il est donc toujours proposé en première intention et peut suffire pendant de nombreuses années lorsque la gêne reste tolérable.

  • Attelle de poignet, idéalement sur mesure, portée notamment lors des efforts ou la nuit pendant les poussées.
  • Antalgiques et anti-inflammatoires, notamment lors des poussées, en tenant compte des contre-indications de chacun.
  • Infiltration intra-articulaire de corticoïde, souvent très efficace sur la douleur à court et moyen terme.
  • Adaptation des gestes et exercices ; voir également notre page d'auto-rééducation du poignet.

Le traitement médical ne modifie cependant pas l'évolution naturelle de l'arthrose. Lorsque la douleur devient rebelle et retentit sur le travail, le sommeil ou les loisirs, la chirurgie peut être discutée.

Quand opérer une arthrose du poignet ?

La décision tient à la douleur et à la gêne fonctionnelle malgré un traitement bien conduit, pas à l'aspect de la radiographie seule.

En effet, une arthrose très visible à la radiographie peut être bien tolérée, et inversement. Avant toute intervention, un arthroscanner précise l'état du cartilage restant, en particulier la tête du capitatum et la fossette radio-lunaire, car ce sont eux qui déterminent les options possibles. Le métier (travail de force ou non), la main dominante, le sport pratiqué et les attentes du patient pèsent d'ailleurs autant que le stade.

Traitement 2 · tous stades

Dénervation du poignet

La dénervation consiste à sectionner les petits filets nerveux sensitifs qui transmettent la douleur de l'articulation, le plus souvent les nerfs interosseux postérieur et antérieur. Elle ne touche ni aux os ni aux ligaments : la mobilité et la force sont conservées et les suites sont simples (quelques jours d'immobilisation). Elle peut ainsi être proposée seule, aux stades précoces ou lorsque l'on souhaite retarder une chirurgie plus lourde, ou associée à un autre geste. L'effet antalgique est réel chez une majorité de patients, mais parfois incomplet, et elle n'arrête pas l'arthrose. [6]

Styloïdectomie radiale

Au stade 1, lorsque le conflit est limité à la pointe du radius (styloïde) et au scaphoïde, l'ablation de cette pointe, parfois sous arthroscopie, peut soulager. L'indication est toutefois rare et limitée dans le temps.

Traitement 3 · stades 2 et 3

Carpectomie proximale (± implant RCPI)

La carpectomie proximale retire la première rangée des os du carpe (scaphoïde, lunatum, triquetrum). La tête du capitatum vient alors s'articuler directement dans la fossette lunaire du radius, restée saine. Elle suppose donc un cartilage du capitatum et de la fossette radio-lunaire en bon état, ce qui la réserve surtout aux stades 2.

Cette intervention conserve une bonne mobilité (de l'ordre de 60 % de la normale) avec une force de serrage d'environ 70 à 80 % du côté opposé. Par ailleurs, elle ne nécessite pas de consolidation osseuse, d'où une immobilisation courte. Enfin, les revues de la littérature retrouvent un soulagement de la douleur et une satisfaction comparables à ceux de l'arthrodèse des 4 os, avec un peu plus de mobilité et moins de complications propres. [4, 5]

Quand la tête du capitatum est usée : l'implant RCPI

Lorsque le cartilage du capitatum est abîmé (stade 3), la carpectomie peut être associée à un resurfaçage de la tête du capitatum par un implant en pyrocarbone (RCPI). Cette option étend les indications de la carpectomie et conserve la mobilité ; les résultats publiés sont encourageants, mais le recul reste plus court que pour les techniques classiques. [7]

Schéma d'une carpectomie proximale : résection de la première rangée du carpe

Carpectomie proximale : résection de la première rangée du carpe (iconographie Dr Kilinc).

Schéma d'un implant RCPI en pyrocarbone associé à une carpectomie proximale

Implant RCPI en pyrocarbone associé à la carpectomie proximale (iconographie Dr Kilinc).

Traitement 4 · stades 2 et 3

Arthrodèses partielles du poignet

L'arthrodèse partielle fusionne (bloque) quelques os du carpe en épargnant les zones de cartilage saines. Le montage dépend donc de la localisation exacte de l'arthrose, précisée par l'arthroscanner.

Arthrodèse des 4 os

C'est la plus pratiquée dans le SLAC et le SNAC (four corner fusion) : le scaphoïde usé est retiré, puis le lunatum, le capitatum, l'hamatum et le triquetrum sont fusionnés, par exemple à l'aide d'une plaque circulaire ou de vis. L'articulation radio-lunaire, saine, assure alors la mobilité restante.

Elle est indiquée aux stades 2 et 3, en particulier chez le travailleur de force. La force est ainsi bien préservée, au prix d'une perte de mobilité d'environ la moitié en flexion-extension. En revanche, la fusion osseuse impose une immobilisation plus longue et expose à des complications propres (défaut de fusion, gêne liée au matériel). [4, 5]

Schéma d'une arthrodèse des 4 os du poignet après ablation du scaphoïde

Arthrodèse des 4 os après ablation du scaphoïde (iconographie Dr Kilinc).

Arthrodèse des 3 os et arthrodèse luno-capitale

Ce sont en fait des variantes de l'arthrodèse des 4 os, pour les mêmes indications (SLAC et SNAC de stades 2 et 3). Après ablation du scaphoïde, on ne fusionne que le lunatum, le capitatum et l'hamatum, le triquetrum étant retiré (arthrodèse des 3 os), voire le lunatum et le capitatum seuls (arthrodèse luno-capitale). Moins d'os à fusionner simplifie le geste ; les résultats sont d'ailleurs proches de ceux de l'arthrodèse des 4 os.

Arthrodèse radio-scapho-lunaire

Elle fusionne le radius avec le scaphoïde et le lunatum lorsque l'arthrose est limitée à l'articulation radio-carpienne, typiquement après une fracture articulaire de l'extrémité inférieure du radius, alors que l'articulation médio-carpienne reste saine. L'ablation associée du pôle distal du scaphoïde, et parfois du triquetrum, améliore ainsi la mobilité conservée par l'articulation médio-carpienne. Une variante limitée au radius et au lunatum (arthrodèse radio-lunaire) est notamment utilisée dans la polyarthrite rhumatoïde.

Arthrodèse scapho-trapézo-trapézoïdienne (STT)

Elle fusionne le scaphoïde avec le trapèze et le trapézoïde. Elle peut notamment être proposée dans l'arthrose STT isolée, souvent associée à une rhizarthrose du pouce, ou dans certaines instabilités et maladies de Kienböck. D'autres options existent toutefois pour l'arthrose STT, par exemple la résection du pôle distal du scaphoïde.

Traitement 5 · stade 4

Arthrodèse totale ou prothèse totale du poignet

Au stade de pan-arthrose, lorsque tout le poignet est détruit et douloureux, deux solutions s'opposent.

Arthrodèse totale du poignet

Elle fusionne le radius, les os du carpe et le troisième métacarpien à l'aide d'une longue plaque dorsale, en légère extension. C'est donc une intervention de sauvetage fiable : la douleur disparaît et la force est conservée. La flexion-extension du poignet est définitivement supprimée, mais la rotation de l'avant-bras (prono-supination) est conservée, ce qui permet la plupart des gestes du quotidien.

Prothèse totale du poignet

Elle remplace l'articulation par un implant (composant radial et composant carpien) et conserve une partie de la mobilité. Elle s'adresse plutôt au patient peu exigeant sur le plan mécanique ou atteint d'un rhumatisme inflammatoire, et reste déconseillée pour les travaux de force. Le risque de descellement à long terme et les possibilités de reprise sont donc à discuter avant l'intervention. [8, 9]

Schéma d'une arthrodèse totale du poignet par plaque dorsale

Arthrodèse totale du poignet par plaque dorsale (iconographie Dr Kilinc).

Comment choisir la chirurgie adaptée à votre arthrose du poignet ?

Il n'existe d'ailleurs pas une intervention idéale pour tous. Le tableau ci-dessous résume les grands repères ; toutefois, les valeurs de mobilité et de force sont des ordres de grandeur issus des séries publiées et varient d'un patient à l'autre. [4–9]

Intervention Stade habituel Mobilité Force Immobilisation
Dénervation Tous stades Conservée Conservée Quelques jours
Styloïdectomie radiale Stade 1 Conservée Conservée Courte
Carpectomie proximale Stade 2 (capitatum sain) Environ 60 % de la normale Environ 70 à 80 % 3 à 4 semaines
Carpectomie + RCPI Stade 3 (capitatum usé) Partiellement conservée Partiellement conservée 3 à 4 semaines
Arthrodèse des 4 os Stades 2 et 3 Environ 50 % en flexion-extension Bien préservée 6 à 8 semaines
Arthrodèse totale Stade 4 Flexion-extension supprimée, rotation conservée Conservée 6 à 8 semaines
Prothèse totale Stade 4, patient peu exigeant Partiellement conservée Pas de travaux de force 3 à 4 semaines

L'essentiel

  • L'arthrose du poignet est le plus souvent la conséquence tardive d'une entorse grave ou d'une fracture du scaphoïde passée inaperçue ou non consolidée.
  • Le traitement médical (attelle, infiltration) est donc toujours proposé en premier.
  • La chirurgie se discute ensuite sur la douleur et la gêne, pas sur la radiographie seule.
  • Le choix entre dénervation, carpectomie, arthrodèse partielle ou totale et prothèse dépend notamment du cartilage restant, apprécié par l'arthroscanner, et de vos activités.

Convalescence après chirurgie du poignet

Les suites varient beaucoup selon la technique. La rééducation est également souvent nécessaire pour optimiser le résultat.

  • Dénervation : immobilisation de quelques jours, reprise rapide des activités, pas de rééducation spécifique.
  • Carpectomie proximale (± RCPI) : attelle 3 à 4 semaines, rééducation douce ; résultat évalué ensuite vers 6 mois.
  • Arthrodèse (4 os ou totale) : immobilisation stricte 6 à 8 semaines, le temps de la fusion osseuse ; puis contrôle radiologique avant de reprendre les efforts.
  • Prothèse : immobilisation 3 à 4 semaines, rééducation prudente afin de récupérer les amplitudes sans solliciter l'implant.

Les interventions se déroulent en général sous anesthésie locorégionale (le bras seul est endormi), en ambulatoire ou avec une courte hospitalisation selon le geste.

Résultats de la chirurgie

Les chirurgies palliatives du poignet, carpectomie proximale et arthrodèse des 4 os en tête, soulagent durablement la douleur chez la grande majorité des patients, au prix d'une diminution de mobilité en général bien acceptée. Une partie des patients peut toutefois nécessiter, des années plus tard, une nouvelle intervention (le plus souvent une arthrodèse totale). [4, 5]

L'arthrose du poignet est-elle une maladie professionnelle ?

L'arthrose du poignet n'est généralement pas reconnue comme maladie professionnelle. En revanche, lorsqu'elle découle d'un accident du travail (entorse ou fracture survenue au travail), son aggravation peut être déclarée comme une rechute ou une séquelle de cet accident. Parlez-en alors à votre médecin traitant, à votre médecin du travail et à votre caisse d'Assurance Maladie.

Quand demander un second avis spécialisé ?

Un avis spécialisé est notamment utile lorsqu'une chirurgie lourde (arthrodèse totale, prothèse) est proposée d'emblée, lorsque plusieurs options semblent possibles ou lorsque la douleur persiste après une première intervention. L'analyse de l'arthroscanner et de vos besoins permet ainsi souvent de trouver une solution qui préserve davantage le poignet.

Questions fréquentes sur l'arthrose du poignet

Peut-on guérir de l'arthrose du poignet sans chirurgie ?

Non, le cartilage détruit ne repousse pas. Mais un traitement médical bien conduit (attelle, infiltrations) peut soulager la douleur pendant de nombreuses années et rendre la chirurgie inutile si la gêne reste tolérable.

Quelle est la différence entre SLAC et SNAC ?

Le SLAC fait suite à une rupture du ligament scapho-lunaire, le SNAC à une fracture du scaphoïde non consolidée (pseudarthrose). L'évolution de l'arthrose est ensuite très proche.

Combien de temps après une fracture du scaphoïde l'arthrose SNAC apparaît-elle ?

Si la fracture ne consolide pas, l'arthrose s'installe le plus souvent en 5 à 10 ans, d'abord sans symptôme. D'où l'intérêt de traiter une pseudarthrose du scaphoïde avant ce stade.

Vais-je perdre toute la mobilité de mon poignet après l'opération ?

Cela dépend de l'intervention. La carpectomie proximale conserve environ 60 % de la mobilité et l'arthrodèse des 4 os environ la moitié. Seule l'arthrodèse totale supprime la flexion-extension, tout en conservant la rotation de l'avant-bras.

L'arthrodèse totale est-elle très handicapante au quotidien ?

Moins qu'on ne l'imagine. Le poignet est bloqué en position fonctionnelle, en légère extension, ce qui permet la plupart des gestes quotidiens et des travaux de force sans douleur. Certains gestes, comme les pompes, deviennent impossibles, et un aménagement du poste de travail est parfois nécessaire.

Pourrai-je reprendre le sport après une chirurgie pour arthrose du poignet ?

Oui, après consolidation, en général entre 3 et 6 mois. Les sports de force ou de raquette sont possibles après une arthrodèse. Ils sont déconseillés après une prothèse totale du poignet.

Peut-on être opéré du poignet sans anesthésie générale ?

Oui. Les interventions se font le plus souvent sous anesthésie locorégionale, en ambulatoire ou avec une courte hospitalisation selon le geste.

Références

  1. Watson HK, Ballet FL. The SLAC wrist: scapholunate advanced collapse pattern of degenerative arthritis. J Hand Surg Am, 1984. PMID 6725894.
  2. Vender MI, et al. Degenerative change in symptomatic scaphoid nonunion. J Hand Surg Am, 1987. PMID 3611645.
  3. Tischler BT, et al. Scapholunate advanced collapse: a pictorial review. Insights Imaging, 2014. PMID 24891066.
  4. Mulford JS, et al. Proximal row carpectomy vs four corner fusion for scapholunate (SLAC) or scaphoid nonunion advanced collapse (SNAC) wrists: a systematic review of outcomes. J Hand Surg Eur Vol, 2009. PMID 19369301.
  5. Saltzman BM, et al. Clinical outcomes of proximal row carpectomy versus four-corner arthrodesis for post-traumatic wrist arthropathy: a systematic review. J Hand Surg Eur Vol, 2015. PMID 25294736.
  6. Smeraglia F, et al. Partial wrist denervation versus total wrist denervation: a systematic review of the literature. Hand Surg Rehabil, 2020. PMID 32659384.
  7. Rooney A, et al. The use of a resurfacing capitate pyrocarbon implant in conjunction with a proximal row carpectomy: a systematic review. J Wrist Surg, 2025. PMID 40995549.
  8. Chong HH, et al. A systematic review and network meta-analysis of outcomes after total wrist arthroplasty in inflammatory and non-inflammatory arthritis. J Hand Surg Eur Vol, 2024. PMID 37694836.
  9. Cavaliere CM, Chung KC. A systematic review of total wrist arthroplasty compared with total wrist arthrodesis for rheumatoid arthritis. Plast Reconstr Surg, 2008. PMID 18766045.

Où consulter un chirurgien de la main pour une arthrose du poignet à Paris ?

  • Paris 16e : Institut Main Épaule Jouvenet, Clinique Jouvenet, 6 square Jouvenet, 75016 Paris. Tél. 01 42 15 42 31.
  • Essonne (91) : Centre Épaule Main Grand Paris Sud et SOS Main Quincy. Consultations au centre Galien 2, 22 rue des Deux-Communes, 91480 Quincy-sous-Sénart. Tél. 01 69 39 96 97. Interventions à l’Hôpital Privé Claude Galien.

Pour prendre rendez-vous ou poser une question avant la consultation, contactez le Dr Kilinc.